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12e festival du théâtre comique de Médéa: Lever de rideau ce soir

La ville de Médéa vivra dès aujourd’hui aux rythmes du festival du théâtre comique Hassani Hassani qui sera dédié cette année au grand comédien Tayeb Abou El Hassan.

Le 12e festival du théâtre comique Hassan Hassani s’ouvre aujourd’hui à Médéa. Sept troupes participant à la compétition finale tenteront d’obtenir la grappe d’or du festival en se relayant sur la scène de la maison de la culture Hassan Hassani. Pour cette année, le jury du festival qui décernera les prix lors de la soirée de clôture de la manifestation prévue le 07 décembre est composé des comédiens Ahmed Khoudi (président), Dalila Nouar et Salah Oughrout. Une quinzaine de représentations sont prévues en marge de la compétition officielle. C’est ainsi que la ville de Médéa verra dès aujourd’hui, l’organisation de spectacles pratiquement dans tous les quartiers. Il est à rappeler que cette ville qui a donné de grands hommes artistes tels que le grand scénographe Abdelkader Ferrah, Hassan Hassani, Mahboub Bati et Cherif Kortebi a connu le théâtre depuis fort longtemps. L’une des premières représentations théâtrales classiques avait été jouée à Médéa suite à des directives de l’Emir Khaled comme ce fut le cas pour d’autres villes, notamment Alger et Blida.

Le théâtre sur la place publique

Mais auparavant, comme dans plusieurs régions d’Algérie, on assistait à des spectacles, notamment au niveau des places publiques, marchés et de certaines Zaouyas. A Médéa, c’était Cheïkh Ould Sid Emmou qui habitait le village Esshanine où se trouve le mausolée du wali Sidi Sahnoune qui donnait son spectacle une fois par semaine. Cheïkh Ould Sid Emmou était surnommé le Djeha algérien.
Il est l’auteur de la célèbre chanson «Ya Bellaredj ya Touil El Gayma» et «Ezzit Ezzit». Il se déplaçait avec son père dans les villes d’ El Asnam, Berrouaguia et Médéa pour donner des spectacles sur les places publiques. Ould Sid Emmou se déguisait en mettant une carpe de cuir appelée «Djeld Errkoul» qui tient son origine du théâtre grec (la peau d’Hercule). Il faut rappeler que c’est le Djeha algérien qui s’était déplacé en Libye pour affronter le Djeha libyen et a perdu sa partie. Le Djeha libyen qui était informé de son arrivée l’avait piégé en lui demandant de retenir le mur de peur qu’il ne tombe. En effet, c’était le Djeha libyen qui avait piégé l’algérien. Donc, le public de Médéa comme d’autres villes d’Algérie est habitué depuis longtemps au théâtre, notamment humoristique. Et ce n’est pas par hasard que les créateurs de ce festival ont choisi l’humour pour garantir la présence forte du public médéen qui vient en force assister aux spectacles à chaque édition. Puisque le théâtre comique est aussi sérieux que les autres formes du 4e art, les organisateurs dont le commissaire du festival Saïd Benzerga ont programmé des ateliers et des conférences en marge de la manifestation. L’édition de cette année est dédiée au grand comédien Tayeb Abou El Hssan, de son vrai nom Tayeb Maârouf. Ce grand comique est connu pour avoir été pendant une longue période le compère de Hassan Hassani alias Boubegra avec lequel il a joué des dizaines de pièces et sketchs.

Rares enregistrements

Il est dommage que ses enregistrements télévisés sont très rares. Certains collectionneurs gardent tout de même quelques disques 45 tours qu’il avait enregistrés en duo avec son ami Hassan Hssani. Parmi ces disques, on se souvient de «Boubegra Fettilifoune», «Boubegra Fetteyara», «Guellaâ Edhrous» (le dentiste) et Boubegra Yetêllem Ysoug (Boubegra apprend à conduire). Le duo a également enregistré un disque 33 tours. Tayeb Abou El Hassan qui avait déjà joué dans des sketchs avec Hassan El Hassani lorsqu’ils étaient dans les camps de concentration ne pouvait se sentir seul sur scène sans son ami. D’ailleurs, lorsqu’il y avait des problèmes au TNA, ils avaient démissionné ensemble avec quelques autres comédiens dont Kaci Ksentini (la souris), Amar Ouhadda (le fantaisiste), Hamid Nemri et Mahboub Stambouli pour créer la première troupe théâtrale privée algérienne à la fin des années 1960.
Cette troupe sillonnera durant plusieurs années les villes algériennes dont des villages du Sahara qui ne savaient même pas ce qu’était le théâtre. Comme son ami Hssan Hassani, Tayeb Abou El Hassan était également un grand militant actif de la cause nationale. Il avait planifié et participé à de nombreux attentats en plein centre d’Alger, notamment entre le square Port Saïd et le quartier El Hamma.

La prochaine édition sera internationale

Durant ce festival du théâtre comique, les participants aux rencontres-débats reviendront sur la vie militante et artistique de ce grand homme et les comédiens qui seront sur scène tenteront d’être à sa hauteur pour gagner l’un des prix proposés par les organisateurs, notamment la grappe d’or qui ira à la meilleure pièce. Pour rappel, le festival du théâtre comique de Médéa qui est devenu bi annuel (une fois national, une fois international) sera organisé en 2020 dans sa première version internationale.

Bari Stambouli

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