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13e journées médico-chirurgicales nationales: Comment sauver des vies sans en avoir les moyens

Durant la journée de samedi, le thème qui a été abordé était de la gynécologie, et notamment l’hémorragie post-partum

La prise en charge médicale et chirurgicale des patients victimes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), les hémorragies post-partum, les fractures de l’extrémité supérieure du fémur chez les personnes âgées, et l’anesthésie inhalatoire en chirurgie ambulatoire, étaient au centre des débats, ces deux derniers jours à Bouira.
Des professeurs en médecine, des spécialistes et médecins généralistes, ont pris part aux 13es journées médico-chirurgicales, qui ont été organisées par le syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snppsp), samedi et dimanche, à l’auditorium de l’université Akli Mohand Oulhadj. «Ces journées traitent quatre thèmes, qui sont des problèmes de santé publique et sont destinées à tous les acteurs de la santé, dont les infirmiers, médecins spécialistes, médecins généralistes, issus du secteur public et privé. Elles sont animées par des médecins spécialistes, des professeurs et des maîtres assistants. Pour ce qui est des thèmes abordés, ce sont des problèmes qui nécessitent une bonne formation pour trouver des meilleures solutions, et apporter le meilleur soin pour la population», a déclaré Dr Ameziane, chirurgienne à l’EPH Mohamed Boudiaf, et représentante du Snppsp à Bouira. Durant la journée de samedi, le thème qui a été abordé était de la gynécologie, et notamment l’hémorragie post-partum.
Un problème sérieux de santé publique, qui touche les femmes post-accouchées. Il s’agit de la première cause de la mortalité chez les femmes post-accouchées, selon Dr Ameziane. «Les professeurs qui sont intervenus ont éclaircis ce point, et ont apporté beaucoup de nouvelles choses et beaucoup de gestes, qui peuvent sauver la vie des parturientes sans avoir besoin de beaucoup de moyens, c’est-à-dire que par un seul geste, on peut sauver la patiente sans attendre l’arrivée du médecin spécialiste», ajoute la représentante du Snppsp. D’autres communications ont porté sur les fractures de l’extrémité supérieure du fémur chez le sujet âgé. Le choix de ce thème s’explique, d’après Dr Ameziane, par le fait qu’il y a toujours un problème de santé qui est associé comme l’hypertension, le diabète, etc. La prise en charge médicale et chirurgicale de ces patients posent déjà certains problèmes. «Il faut réunir les moyens pour bien les prendre en charge dans l’urgence. Les médecins présents ont appris beaucoup de nouvelles techniques, qui permettent à ce sujet de marcher. Car ce n’est pas la pathologie qui tue, c’est la sédentarité et le fait de rester au lit qui tue», souligne-t-elle.
Concernant l’objectif de ces journées, la représentante du Snppsp dit que c’est d’examiner comment sauver les malades avec le peu de moyens qu’il y a. De son côté le Pr Chafi Belkacem, de la faculté de médecine d’Oran, spécialiste en gynécologie, ces journées permettent de «tenir au courant le médecin de tout ce qui se passe, en termes de spécialité médicale, parce que très souvent, les médecins, après leur sortie de la faculté, sont affectés quelques part dans les hôpitaux en périphérie, et donc, ils ne savent pas totalement ce qui se passe un peu à l’échelle nationale».

Organisation

Concernant la pénurie des médecins spécialistes en gynécologie, qui fait que plusieurs services de maternité fonctionnent mal, le Pr Chafi estime que cela est dû à la désorganisation de l’activité des soins. Il a parlé sur le nouveau mode organisationnel, installé depuis quelques mois par le ministère de la santé, pour permettre aux services de la maternité de bien fonctionner.
Il s’agit d’un réseau à différents paliers de la prise en charge des femmes enceintes. «Il y a suffisamment de médecins gynécologues qui sortent des centres universitaires. Ces médecins ont la liberté de rester soit dans les soins publics, soit ils peuvent s’installer dans la médecine libérale. Ils sont déjà incorporés dans le système de santé. Quelque soit ce système, il n’y a pas de différence. Parce qu’ils sont là pour servir les citoyens. Par contre dans les structures publiques, il faut qu’il y’ ait de médecins spécialistes à partir du moment qu’ils sont affectés à travers le territoire national», affirme le professeur.
Quant au réseau en question, Pr Chafi estime qu’«aujourd’hui, il y a une certaine organisation qui est mise en place». «Cette organisation proposée par le ministère, consiste à travailler en réseau. Il y a différents paliers de prise en charge de la femme enceinte. Le premier palier, c’est de faire une ré-humanisation du travail d’accueil de la femme gestante. Le dépistage de la grossesse à risque et au même temps de la consolidation de l’éducation sanitaire, vaccination et suivi de grossesse. Sur le 2e palier, c’est de permettre à certaines femmes, qui arrivaient à terme de leur grossesse, qui ne présentent pas de pathologies surajoutées et dans ce cadre-là, quand il est possible, qu’elle puisse accoucher juste à côté de sa maison, ce serait mieux», ajoute Pr Chafi, qui a tenu à souligner que le ministère de la santé a renforcé les moyens au niveau de ces deux paliers, de ces «maternités intégrées», avec les moyens organisationnels. «Ça nous permet de libérer des lits dans le 3e palier, justement là où on peut prendre en charge les accouchements qui peuvent éventuellement poser quelques problèmes. Ce qui arrive actuellement, c’est que les femmes qui peuvent accoucher normalement, viennent accoucher dans le 3e palier, ce qui fait que tous nos services sont surchargés. Ce réseau va permettre surtout d’éviter qu’il ait des évacuations, qui sont pourvoyeuses de complications et des décès maternels, et au même temps, de transformer l’évacuation en un simple transfert», conclut le professeur Chafi, avant de souligner que ce réseau, qui marche bien dans certains wilayas du pays, n’a pas encore été appliqué et ni même compris dans d’autres.

Ali Cherarak

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