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17e vendredi de mobilisation contre le système.. Appels à juger tous les corrompus

Le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Benssaleh, le chef de l’Exécutif Nourredine Bédoui ainsi que le très contesté président de l’Assemblée populaire nationale, Moad Bouchareb sont sommés par le peuple de «dégager», sans délais.

Le mouvement populaire a entamé hier, son 17e vendredi de mobilisation, au lendemain de l’arrestation de plusieurs hauts responsables et hommes d’affaires, placés en détention provisoire à la prison d’El Harrach à Alger. Juste après la prière du vendredi, une véritable marée humaine a envahi toutes les principales rues de la capitale, pour réclamer encore et toujours le départ de tous les tenants du pouvoir. Les arrestations opérées ces derniers jours, n’ont visiblement pas dévié les manifestants de leur trajectoire. Hommes, femmes et enfants ont afflué vers la Grande Poste, la place Maurice Audin, rue Didouche Mourad ou encore la rue Hassiba, au centre d’Alger, dans une ambiance festive. Ils veulent un changement radical et le départ de tous les symboles du pouvoir.
Le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Benssaleh, le chef de l’Exécutif Nourredine Bédoui ainsi que le très contesté président de l’Assemblée populaire nationale, Moad Bouchareb sont sommés par le peuple de «dégager», sans délais.
La justice algérienne s’en est prise aux symboles emblématiques du clan Bouteflika. En seulement deux jours, deux anciens premiers ministres sous l’ère Bouteflika, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ont été placés en détention provisoire, après leur audition par le juge enquêteur près de la Cour suprême. L’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaalane, a été placé sous contrôle judiciaire. L’ex-ministre du Commerce, Amara Benyounes a quant à lui également été transféré à la prison d’El Harrach. Quelques jours plus tôt, c’était l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout d’être écroué avec des membres de sa famille. La contestation populaire contre le régime, a réagi dans la rue à cette purge contre les corrompus. Certains ont salué l’opération mains propres lancée par la justice Algérienne, affichant leur satisfaction. Tout en applaudissant ces arrestations de plusieurs hauts responsables, dont Ouyahia, ils ont réclamé de juger l’ex-président Abdelaziz Bouteflika et le mettre en prison. Les manifestants ont scandé à l’adresse des responsables arrêtés : «Vous avez construit des prisons, vous allez y être incarcérés». D’autres ont exigé le jugement de toutes les personnes incriminées dans les affaires de corruption.
Ils ont clamé aussi, le départ de tous le système et des ses figures. Ils ont exigé le départ des «3B» refusant tout dialogue chapeauté par eux, en brandissant et scandant des slogans à trait à «une justice libre et transparente» pour élucider au large public les affaires de corruption en cours d’instruction. Ils ont scandé notamment «Klitou el bilad ya serraqine» (vous avez bouffé le pays les voleurs). Des slogans hostiles au général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, ont été d’ailleurs scandés par les manifestants. Ils ont réclamé l’urgence de l’application de l’article 7 et 8 de la Constitution. «Khawa, khawa makach jihawiya», «nous sommes des frères pas de régionalisme», scandent des centaines de milliers de manifestants. Le même impressionnant dispositif sécuritaire a été déployé dans tous les coins du centre de la capitale, particulièrement, à l’esplanade de la Grande Poste, le tunnel des facultés, ainsi que, le blocage des accès à la capitale par les barrages filtrants de la gendarmerie.
Ce 17e vendredi intervient un 14 juin, 18 ans après la marche imposante de citoyens kabyles vers la capitale, suite au déclenchement du Printemps noir en Kabylie, une série de manifestations politiques violemment réprimées par les forces de l’ordre. Le bilan est estimé à 126 morts et plus de 5.000 blessés
Fella Hamici

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