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60 années après son assassinat par ses compagnons d’armes: Abane Ramdane ressuscité par les siens

Dans le cadre de la commémoration du 60e anniversaire du lâche assassinant d’Abane Ramdane, l’architecte de la Révolution algérienne, le musée du moudjahid de Tizi Ouzou a abrité, hier, une table ronde autour de la vie et du combat de l’enfant des Ath Irathen. Les organisateurs avaient également prévu dans la matinée une cérémonie de recueillement au niveau du village natal du défunt révolutionnaire à Azouza et le dépôt d’une gerbe de fleurs devant la stèle érigée en sa mémoire, au chef-lieu de la commune de l’ex-Fort national. Un rituel qui avait vu la présence de dizaines de moudjahids, responsables politiques, militants du mouvement associatif et simples citoyens venus se recueillir à la mémoire de celui qui a décrété «la primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur» lors du fameux Congrès de la Soummam en 1956, soit juste une année avant son assassinat dans la ville marocaine de Tétouan. Regroupant la grande famille révolutionnaire, des universitaires et auteurs ayant écrit sur celui qui est considéré à juste titre comme le cerveau de la Révolution, cette table ronde a été une occasion pour les différents intervenants de revenir sur le parcours d’un homme qui a consacré sa jeunesse à l’indépendance de l’Algérie avant de se voir liquidé par les siens un certain 27 décembre 1957 au Maroc. Pour le moudjahid Akli Dris Amar, compagnon de lutte d’Abane, ce dernier a été l’artisan de l’adhésion de l’ensemble des courants politiques qui traversaient le pays avant la guerre de 1954, pour adhérer à l’idée d’un front commun autour du Front de libération nationale (FLN) pour lutter ensemble contre le colonialisme français. «C’était un homme d’une grande intelligence et surtout un stratège hors pair» témoigne Amar Akli Dris qui a rencontré pour la première fois Abane le 18 mars 1957 alors qu’il était à la direction politique du FLN sur demande de Krim Belkacem. «A cette époque, la vie politique était marquée par la présence des Messalistes, des Centristes et des indépendantistes, et ce sont ces derniers, à leur tête Abane Ramdane, qui ont eu le dernier mot avec la création du CRUA, et ensuite le FLN qui a lancé l’appel du 1er novembre 1954 pour le déclenchement de la révolution», explique l’orateur.

«Sa vision d’une Algérie unie a triomphé du régionalisme »

«À l’époque, on n’avait pas beaucoup de militants, mais Abane a réussi à changer les choses. Il a fait appel aux intellectuels de tout bord, dont Yacef Saadi, Boukadour et Larbi Tebessi. Abane s’est entouré des gens compétents et intelligents tout en faisant appel aux militants des différentes mouvances politiques sans distinction», ajoute-t-il. Pour sa part, le moudjahid Si Smail, originaire de Larbaâ Nath Irtahen, soit le même patelin que Abane Ramdane, tout en précisant qu’il n’avait pas beaucoup connu ou travaillé avec son voisin d’Azouza, a avoué avoir beaucoup appris de celui qui a marqué toute une génération de combattants pour la lutte de Libération nationale. «Certes je n’ai pas trop connu Abane Ramdane, mais je dois avouer que j’ai beaucoup appris de l’homme. J’ai eu la chance de le rencontrer brièvement au niveau d’une zone qui était sous notre surveillance. Il était accompagné de Krim Belkacem, Si Nacer (Colonel Saïd Mohammedi) et Si Hakim. Avec sa manière de nous interroger et le genre de questions qu’il nous posait, j’ai vite compris qu’il s’agissait d’un haut responsable de la Révolution. Par ses lettres et correspondances, nous avions appris beaucoup de lui» témoigne Si Smail, non sans évoquer la vision nationaliste de l’homme qui avait œuvré pour l’adhésion de toutes les tendances politiques et de l’ensemble des régions du pays, dans le but de triompher du colonialisme français. «Abane Ramdane avait fait appel à tous les Algériens, toutes tendances politique confondues, et à l’ensemble des régions du pays sans exception. Sa vision d’une Algérie moderne et unie a triomphé du tribalisme et du régionalisme qui auraient pu faire échouer la révolution» témoigne le moudjahid.

Ali Chebli

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