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A cinq mois de l’élection présidentielle: Bouteflika met en garde contre les aventuriers

A mesure que l’élection présidentielle de 2019 approche, la scène politique s’emballe et des débats houleux sont attendus dans les prochains mois. Mais à l’approche de cette échéance, le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, met en garde contre les manœuvres politiciennes et les aventuriers.

Il regrette, dans un message adressé hier aux participants à la réunion Gouvernement-walis, lu en son nom par le Secrétaire général de la présidence de la République, Habba Okbi, que le débat soit ramené à la question de la succession. «Si certains réduisent les enjeux du présent et de l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes, et entreprennent, pour des raisons obscures, de propager cette idée, vous savez, vous qui êtes sur le terrain à relever au quotidien les défis sécuritaires et socioéconomiques, que l’enjeu est beaucoup plus grand», a-t-il lancé, évoquant ainsi et pour la première fois la question de la succession. Le Président Bouteflika qui a utilisé des termes durs pour qualifier les manœuvriers politiques et les aventuriers a estimé qu’il était «normal que la stabilité de notre pays soit ciblée par des cercles de prédateurs et de cellules dormantes qui s’acharnent à attenter à sa crédibilité et à la volonté de ses enfants». «Les manœuvres politiciennes que nous observons à l’approche de chaque échéance cruciale pour le peuple algérien est la preuve tangible de ces intentions inavouées, qui s’éclipsent dès que notre valeureux peuple leur tourne le dos», a-t-il souligné. L’orateur a ajouté, sans identifier ses cibles, que les aventuristes qui font dans la promotion de la culture de l’oubli, du déni et de la négation ne sauront jamais des forces de construction et d’édification. «Bien au contraire, ils dissimulent les faucilles du massacre qu’ils n’hésiteront pas à utiliser pour faire basculer le pays dans l’inconnu», a-t-il asséné.

A qui fait-il allusion ?

Bouteflika ne s’arrête pas là en matière de dénonciation «de cette espèce perfide qui n’a cure des souffrances, attentes et aspirations de nos concitoyens, ni des ambitions de notre pays, et qui n’agit que par pur égoïsme et sordides intérêts». Il a affirmé que les Algériens «ne sont découragés ni par les défis ni par les enjeux auxquels ils sont confrontés, mais par les manœuvres infâmes et les manigances dans lesquelles certains se positionnent en spectateurs guetteurs ou en conspirateurs, malgré qu’elles ciblent notre peuple et pays». «Face à ces attitudes inacceptables, il incombe à chacun d’assumer sa responsabilité et de s’engager pleinement dans les options politiques et économiques nationales ou d’en sortir définitivement. L’ère des demi-mesures est révolue», a-t-il pesté. Le chef de l’Etat a dénoncé également la corruption, le clientélisme et la bureaucratie qui gangrènent la société.

Visées funestes

«Au moment où vous vous attelez d’arrache-pied à la matérialisation des stratégies tracées sur le terrain, nous constatons la propagation, dans la société, de fléaux représentés par des parasites handicapant pour vous et sabordant vos efforts à des fins malveillantes, et qui s’appliquent, sans vergogne aucune, à imposer des pratiques répréhensibles et condamnables par la loi et la morale, à l’image de la corruption, du clientélisme et de la bureaucratie», a-t-il relevé. Le chef de l’Etat soutient que toute atteinte à la stabilité des institutions de l’Etat est une atteinte à la Constitution et à l’un des piliers de ce pays inexpugnable qui nous réunit et nous protège contre les visées des haineux. «C’est pourquoi l’adhésion autour des institutions de la République et leur défense est un devoir de tout un chacun afin barrer la route à toute tentative de leur instrumentalisation pour de funestes visées ou pour leur déstabilisation», a-t-il lancé, affirmant que «l’Algérie est capable, grâce à ses enfants, à ses ressources et à sa détermination, de vaincre les esprits défaitistes et sceptiques et les semeurs du désespoir et du découragement, et rien ne saura la dissuader d’aller de l’avant». Dans ce contexte, il a appelé les walis et les élus surtout à faire montre de vigilance et de s’attacher à permettre au peuple d’exercer sa souveraineté et de poursuivre son œuvre. Pour lui, les défis sont liés à «la protection des réalisations accomplies par le peuple ces deux dernières décennies et de leur préservation et valorisation à son profit. Il s’agit, également, de se hisser à un niveau plus élevé dans l’acte de développement et dans l’action politique».

Développement local: Le Président fixe la “feuille de route”

Dans son message aux walis, le chef de l’Etat a tracé les priorités en matière de développement local. «Les Collectivités locales sont appelées à s’acquitter pleinement de leur rôle dans le développement national, et j’ai donné des instructions claires pour le renforcement de la décentralisation, la promotion du Service public, et pour vous permettre d’assumer pleinement vos responsabilités en matière de gestion des affaires publiques locales», a-t-il souligné. Les walis sont appelés à sortir du cadre routinier du travail et d’adopter un nouveau mode de gouvernance basé sur l’initiative, l’anticipation, la gestion par objectif et l’approche par résultat. Les grandes lignes de la stratégie nationale sont rappellées par Bouteflika. Elles consistent essentiellement en l’affranchissement de la dépendance à la rente pétrolière et la concrétisation de la diversification économique, la modernisation et la réhabilitation de l’administration, la poursuite des efforts pour la consolidation des acquis du développement humain, la généralisation des bénéfices du développement socio-économiques aux quatre coins du pays, la libération des énergies populaires à tous les niveaux et leur mobilisation autour de notre projet national à travers des approches participatives et des incitations entrepreneuriales, la préservation des constantes de notre identité nationale et la promotion d’une identité singulière du citoyen algérien.
Il s’agit également du développement de relations internationales équilibrées, cordiales, ouvertes et fidèles aux valeurs de l’Etat algérien de soutien en faveur des causes justes.

Karim Aimeur

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