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A l’épreuve des vœux…

Dès ce soir minuit, une unité de plus s’affichera sur le calendrier. Finis les sujets qui fâchent ? Sans recourir au marteau et au burin, faut juste y croire, en ce dernier jour de décembre, qui n’a pas cassé trois pattes à un canard. Tradition oblige, place donc aux bonnes résolutions et à la période de vœux. En gros ou en détail, les souhaits en tous genres se bousculent déjà au portillon de 2019. Entre formules insipides et propos sincères, la vitrine se garnit petit à petit, le meilleur des réveillons se profile à l’horizon. Exit les rabat-joie, les ermites, une unité de plus sur le calendrier, ça se fête quelle que soit sa condition sociale, psychique ou intellectuelle. Et le passage au nouvel an, pour symbolique qu’il soit, n’empêchera pas la dérision. Damnés ou désespérés, tous vont trinquer à la santé du pays, qui leur est soi-disant cher ! En se gavant, en entrechoquant les verres, ou les prières (…), certains tiqueront sur l’indigeste «conjoncture économique». C’est qu’elle incite au régime minceur, cette conjoncture. Mais les sujets qui fâchent doivent se voiler la face, pour bien se souhaiter la bonne année, pilepoil à minuit. Sincèrement, ce rituel convenu à l’heure pile incommode. En fait, quoi répondre à ces déclarations de pure forme ? Les amis, les copains, les relations qui se fendent d’un SMS, se croyant au cœur de la modernité, se rendent-ils compte de la vacuité, de la futilité d’un tel message ? Ce tsunami de vœux incomplets, mal fichus et déformés, encombrera les réseaux à l’heure où, pas mal de gens dits normaux, feront dodo. Nos braves gogos, souvent drôlement éméchés sur leur portable, devraient y penser demain, même avec une gueule de bois. Mais bon, à chacun sa modernité, ses souhaits, ses résolutions, et sa manière d’entrer de plain-pied dans la danse, qui sied le mieux à ses convictions. Reste que se serrer les coudes, être plus solidaires, plus attentifs aux autres, plus humains tout simplement, permettra une entrée en 2019, auréolée d’un esprit positif et pourquoi pas, festif, tout le long des mois à venir. Certes, ça n’est pas en mots que l’on transforme une société, qui baille souvent aux corneilles. Seuls les actes permettent d’inverser la tendance de la conjoncture socio-économique. L’opération de tirage des billets de banque, le déficit du trésor public, la loi des finances et ses tas de milliards, la CNR, la CNAS, etc. ne disent pas grand-chose au commun des nombreux fêtards de ce soir. Et y a de tout dans ces fêtards. Des pleins aux as, des moyennement nantis, et des presque fauchés comme les blés, jubileront aux douze coups du dernier minuit de ce décembre gris. Sans la moindre hypocrisie, rien que pour parer à un éventuel mauvais sort, ils dépenseront sans compter. La vie des démunis et autres laissés pour compte, ça sera pour un autre jour, et les sujets qui fâchent chacun contre tous les autres. Pour l’instant, c’est la trêve qui ne durera, d’ailleurs, pas bien longtemps. Aussi, profitons-en. Les bonnes intentions ou pas, les résolutions existentielles ou matérielles et l’épreuve des vœux, sincères ou pas, n’altèreront en rien le festif de fin d’année. Même le délire cupide de certains établissements, proposant des réveillons au prix d’un salaire national minimum garanti (SNMG), n’arrivera pas à entamer l’esprit festif de l’Algérien. Puisse-t-il se perpétuer, cet esprit, et au-delà de minuit. C’est un vœu sincère fait ici, et pas par SMS…

M. N.

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