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Abderrahmane Benkhalfa, ex-ministre des Finances: «Le ciblage des subventions est indispensable»

L’ex-ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, a plaidé, hier, pour le ciblage des subventions, appuyant ainsi la démarche tracée par les pouvoirs publics afin d’assurer ce soutien aux couches des nécessiteux.

Selon M. Benkhalfa, le passage au régime des subventions ciblées permettra à l’Etat de gagner les deux tiers du budget consacré actuellement aux subventions et qui a été, en 2017, de l’ordre de 1760 milliards de dinars. S’exprimant sur les ondes de la chaine 3, dans l’émission L’invité de la Rédaction, l’expert financier, a estimé «indispensable» la révision du système des subventions actuel en raison de son important coût budgétaire. Il a fait savoir que ce régime «perturbe les marchés et empêche la concurrence de jouer son rôle». L’invité de la radio a souligné que cette révision fait partie d’un «bouquet de mesures» relatives à l’ouverture de l’investissement, du champ économique et du développement des revenus. «Il faut, suggère-t-il, décélérer sur les subventions et accélérer sur l’investissement». Si l’expert est convaincu de la nécessité d’en finir avec le système des subventions généralisées, il recommande, cependant d’y aller par «un passage graduel qui doit permettre d’augmenter les revenus par l’augmentation de l’investissement économique». Il a insisté sur la préparation des conditions idéales pour passer à une phase où l’ensemble des produits devraient changer de prix. L’expert financier a soutenu dans ce contexte que le ciblage des subventions est devenu indispensable dans la conjoncture actuelle, précisant que ces subventions ont un «coup budgétaire très important». M. Benkhalafa a plaidé donc pour une levée graduelle des subventions à travers la mise en place d’un filtre pour les gens nécessiteux, à l’instar de ce qui est fait dans plusieurs pays. Il a signalé qu’une commission interministérielle au niveau du gouvernement prépare depuis plusieurs mois le fichier des personnes qui seront concernées par ce nouveau système.
Toutefois, l’ex-ministre a jugé que ce type de décélération des subventions doit être accompagné d’une augmentation des revenus pour que les salariés puissent faire face à des éventuelles hausses des prix. Ce changement des revenus est lui aussi «tributaire des investissements», a-t-il ajouté. Le retrait de l’Etat du système de subvention ne peut pas être total, selon lui, notamment dans les secteurs stratégiques de l’éducation nationale et la santé. «L’Etat gardera sa fonction régalienne quelles que soient les circonstances» a-t-il expliqué. Les déclarations de M. Benkhalfa interviennent après celles tenues la semaine dernière par les ministres du Commerce et des Finances qui ont exprimé la volonté du gouvernement d’aller vers le ciblage des subventions et la vérité des prix des produits de large consommation, notamment les carburants.
Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a annoncé samedi, à Dubai que le gouvernement a l’intention de mettre fin aux subventions d’essence en 2019, et aux subventions d’autres marchandises en 2020.
Lors de la réunion entre les ministres des Finances arabes et le Fonds monétaire international (FMI), à Dubai, Raouya a, en effet, annoncé que le gouvernement a l’intention de mettre fin aux subventions d’essence en 2019, et aux subventions d’autres marchandises en 2020, avec la création d’un système de soutien aux personnes à faible revenu.
Raouya a, en outre, ajouté que l’Algérie vise à éliminer son déficit budgétaire d’ici 3 à 4 ans. Il a, d’autre part, déclaré que l’Etat n’envisage pas d’emprunter de l’argent en 2018.

Samir Malek

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