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Abderrezak Makri chez le FFS sans convaincre: Chacun son «consensus» !

C’est la rencontre des deux «consensus»! Le Front des forces socialistes (FFS) a reçu hier une délégation du Mouvement de la société pour la paix (MSP), conduite par son président Abderrezak Makri.

Le rendez-vous qui est venu à la demande du parti islamiste et donc entrant dans le cadre des consultations qu’il mène en direction de la classe politique pour exposer son initiative de consensus national, s’est terminé en queue de poisson. A son homologue du MSP, le premier secrétaire national du plus vieux parti d’opposition en Algérie, Mohamed hadj Djilani, a simplement réitéré l’attachement du FFS à son propre projet qui date de cinq ans déjà, puisque l’idée de reconstruction d’un consensus national a été adoptée en 2013, à l’occasion du 5e congrès.
Les termes d’un communiqué publié à l’issue de cette rencontre par le secrétariat national du FFS, bien que n’exprimant pas officiellement un rejet en disent long. «Le FFS a exposé et réaffirmé son projet de reconstruction du consensus national, seule alternative afin d’éviter au pays une crise majeure pouvant porter atteinte à son unité et à sa sécurité», écrit le parti. Plus encore, le FFS ajoute que son initiative s’inspire de la guerre de libération nationale qui a triomphé du colonialisme «grâce à un consensus national et populaire contre l’adversité», et construit par les dirigeants du mouvement national. Histoire de faire comprendre que la situation actuelle du pays suggère l’union des efforts autour d’un projet et non pas une concurrence partisane sur qui chapeautera telle ou telle initiative. Beaucoup d’observateurs ont, faut-il le préciser, vu dans l’initiative de Makri une sorte de plagiat sur ce qu’a entamé le FFS il y a des années. D’ailleurs, lors de cette rencontre, le FFS a fait un exposé des étapes qu’a traversées son initiative depuis 2014, année du début des consultations. Ce processus «s’est confronté à l’absence de volonté politique du pouvoir», précise le communiqué du parti. Mais ce n’est pas pour autant qu’il s’arrêtera. Bien au contraire, et c’est là où l’on sent le rejet presque diplomatique de la direction du parti à l’offre du MSP, il «se poursuivra en donnant la priorité à la mobilisation citoyenne pour réaliser un consensus populaire jusqu’à la concrétisation des objectifs fixés sur le plan politique, économique, social, culturel et environnemental, dans la perspective d’un changement du système et l’avènement de la deuxième République», écrit le FFS.

Rejet diplomatique

Plus clair que ça, il n’y en a pas ! Le rendez-vous FFS-MSP, comme il fallait s’y attendre, n’a pas mené au rapprochement des positions bien que dans les deux formations politiques, on parle bien de consensus. Pourtant, chacun semble avoir sa propre conception pour concrétiser l’idée. Un cadre du FFS explique qu’«il ne s’agit plus désormais d’aller demander au pouvoir de s’asseoir autour de la table, puisque la tentative a déjà échoué». Le contexte dans lequel se trouve le pays nécessite, selon notre source, «la construction d’un nouveau rapport de force qui vient de la base qu’est le peuple». Tout le contraire de ce que veut faire le MSP qui ne cesse d’appeler «tous les acteurs politiques, y compris les vrais décideurs» à s’asseoir autour de la table du dialogue. L’autre point de divergence entre les deux initiatives, analyse le cadre du FFS, réside dans le fait que le parti de Makri insiste beaucoup sur les dangers de la crise économique pour revendiquer le consensus. Mais, au FFS, on parle de «crise multidimensionnelle» qui dépasse les difficultés économiques. «Il faut voir plus large», suggère notre source. C’est dire que globalement, Makri n’a pas pu convaincre le FFS d’adhérer à son initiative. Aujourd’hui, le président du MSP ira chez Djamel Ould Abbès qui l’accueillera au siège du FLN à Hydra. Une rencontre des plus attendues dans le cadre de la tournée que mène le parti de feu Mahfoud Nahnah.

Aïssa Moussi

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