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Ahmed Gaid Salah à la veille des marches du vendredi : «Pas d’autres emblèmes que l’emblème national !»

Gaïd Salah a ouvertement déclaré avoir instruit les services de sécurité d’empêcher les algériens de lever un autre drapeau que celui de l’Algérie.

Pour le troisième jour de suite, l’offensive du général de corps d’armée, chef d’état-major de l’ANP, se poursuit. Ahmed Gaïd Salah, après avoir fait le procès de l’ancien régime du président déchu Abdelaziz Bouteflika, puis dénoncé les adversaires de la solution constitutionnelle à la crise, a évoqué, hier, une question des plus sensibles : le port d’emblèmes autres que le drapeau national lors des marches populaires. Gaïd Salah a ouvertement déclaré avoir instruit les services de sécurité d’empêcher les algériens de lever un autre drapeau que celui de l’Algérie. De quoi déplaire à des millions de marcheurs qui se reconnaissent – outre leur ‘’algérianité’’ – dans leur identité profonde qu’est l’amazighité, en levant l’emblème aux couleurs bleu, vert et jaune avec la lettre Z en tifinagh au milieu. «Il m’appartient également en cette occasion d’attirer l’attention sur une question sensible, à savoir la tentative d’infiltrer les marches et porter d’autres emblèmes que notre emblème national par une infime minorité», a averti le chef d’état-major de l’ANP dans une allocution prononcée devant les cadres et personnels militaires de la 40e Division d’Infanterie Mécanisée, relevant de la 3e Région militaire de Béchar. A la veille du 18e vendredi de manifestations populaires pour le départ du système, Gaïd Salah déclenche une polémique, d’autant que sur les réseaux sociaux, les réactions d’indignation font déjà rage.
Pour lui, il ne doit y avoir, durant les marches, que le drapeau algérien aux couleurs vert, blanc et rouge, car «l’Algérie ne possède qu’un seul drapeau, pour lequel des millions de chouhada sont tombés en martyrs». «Un emblème unique qui représente le symbole de souveraineté de l’Algérie, de son indépendance, de son intégrité territoriale et de son unité populaire», a-t-il appuyé, estimant «inacceptable de manipuler les sentiments et émotions du peuple algérien». Puis au général de corps d’armée de sonner l’interdiction, expliquant avoir donné «des ordres et des instructions stricts» aux forces de l’ordre pour, dit-il, «une application rigoureuse des lois en vigueur et faire face à quiconque tente encore une fois d’affecter les sentiments des Algériens à propos de ce sujet sensible et délicat».
Défi pour une relance économique «rapide»
La sortie du général de corps d’armée, vice-ministre de la Défense, vient rappeler la polémique enclenchée en avril dernier par un faux communiqué attribué à la DGSN, relayé sur les réseaux sociaux, lequel avait annoncé «la saisie» par les forces de l’ordre de tous les emblèmes, dont amazigh, (autres que le drapeau national), à partir du vendredi 19 avril.
Ce qui a amené la Direction de la Sûreté nationale à apporter des précisions à l’opinion publique, évoquant des «informations fausses et sans fondement». Cette fois-ci, c’est officiel, et le discours de Gaïd Salah ne souffre aucune ambiguïté. Ce qui pourrait mener à des dérapages lors de l’application des «instructions» par les forces de l’ordre. Par ailleurs, le chef d’état-major s’est montré confiant quant à l’avenir de l’Algérie «grâce aux dévoués et hommes de bonne volonté». «Nulle crainte pour l’avenir de l’Algérie, pays des millions de chouhada, car elle saura, grâce à Allah le Tout-Puissant, puis grâce à ses fils dévoués, comment se frayer son chemin vers un havre de paix», a-t-il assuré, promettant la relance de la machine de développement sur le plan économique, à l’arrêt depuis plusieurs décennies. L’élan du développement «reprendra avec une cadence plus rapide, une détermination plus forte et des objectifs plus nobles», dira Gaïd Salah, misant sur la mise à l’écart de la bande qui a ruiné le pays. Selon lui, «il n’y aura plus de place à la crise économique ni toute autre crise une fois que l’Algérie se sera libérée des griffes de la bande, des prédateurs et de ceux qui ont trahi la confiance, et qu’elle restera attachée à son référentiel novembriste national. Car l’Algérie est capable, parfaitement capable, d’atteindre son ultime objectif ; celui que lui voulaient nos valeureux chouhada».
Aïssa Moussi

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