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Alger paralysée par la grève.. Des activistes appellent à la raison

Alger a vécu, hier, au premier jour de l’appel à une grève générale de cinq jours, une journée peu habituelle. La capitale était pratiquement paralysée : la majorité des commerces et magasins ont baissé rideau, les transports étaient quasiment à l’arrêt et même les structures administratives étaient perturbées. Les établissements scolaires, notamment les lycées, étaient également désertés. Les lycéens ont organisé des rassemblements et des marches dans plusieurs circonscriptions (Dely Brahim, Rouiba, Réghaïa, Alger-centre…) avec des slogans hostiles au cinquième mandat.
Un grand rassemblement a eu lieu au niveau de la Grande Poste sous les mêmes mots d’ordre : non au cinquième mandat et non au système politique. Un impressionnant dispositif de police est déployé dans le centre d’Alger. La zone industrielle de Rouiba a été paralysée et les travailleurs ont organisé une marche, sillonnant les artères de la ville. Dans toutes les circonscriptions, les magasins étaient en majorité fermés. La psychose de ces derniers jours a fait que les commerces, notamment les boucheries et les alimentations générales, ont été pris d’assaut par les citoyens, en prévision de la grève annoncée. Le premier jour de cette «désobéissance civile» a suscité l’inquiétude de plus d’un. Si les appels à la grève dans plusieurs secteurs d’activité sont assumés par les syndicats, qui expliquent que la grève fait partie de la dynamique contre le cinquième mandat, en revanche, les appels à fermer les magasins et les commerces ne trouvent pas de justifications valables. Sur les réseaux sociaux d’où sont lancés les appels, ce mot d’ordre est loin de faire l’unanimité. Nombreux sont les d’activistes qui ont exprimé leur opposition aux appels à la grève et à la désobéissance civile.
C’est une manière de casser la dynamique extraordinaire qui s’exprime dans les rues et de créer des tensions entre citoyens, qui risquent de compromettre la formidable mobilisation de toute l’Algérie contre le projet du cinquième mandat. Pour eux, c’est le meilleur service à rendre au système en lui donnant l’occasion de reprendre l’initiative. Si la mobilisation inédite et historique des trois derniers vendredis a donné une image très positive du peuple algérien, cette désobéissance civile risque de lui porter l’estocade. L’ancien député du FFS, Hamou Didouche, a dénoncé les appels à la désobéissance. «Je le dis, et j’assume publiquement, cette grève générale, et pour 5 jours, apportera malheureusement plus de dégâts que de ce qui est théoriquement recherché dans une conjoncture délicate et du devoir d’harmonie et de comportement citoyen renforçant la cohésion sociale», a-t-il écrit. Il estime que «fermer boutique pendant 5 jours d’affilée signifie réduire grandement les espaces sociaux et de sociabilité, d’échanges entre citoyens en tout genre.
Ni les commerçants et autres opérateurs divers n’en bénéficieront, encore moins les citoyens qui seront sanctionnés en premier lieu, et ceci joue, apparemment, à créer des tensions à la longue et perturbera, à coup sûr les liens de cohésion au moment où celle-ci doit être renforcée, étant en pleine Révolution populaire pacifique et porteuse de tous les espoirs de changement réel». Pour lui, cet appel à 5 jours de grève est d’origine douteuse. «Le doute sur le pouvoir ou toute autre officine traître pour casser la dynamique citoyenne pour le changement. 5 jours de grève, c’est comme ces coupures d’internet empêchant les échanges entre les citoyens», a-t-il soutenu. D’autres activistes comme Kamel Daoud proposent d’observer une journée de grève par semaine, le mardi, en plus des vendredis des marches populaires. En tout cas, ces appels à la désobéissance ne sont pas pour arranger les choses et peuvent ne pas servir la mobilisation générale contre le cinquième mandat.
Karim Aimeur

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