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Alors que Trump réduit l’aide à trois pays: Les migrants honduriens poursuivent leur route vers les USA

Le président américain, Donald Trump, a annoncé hier, une réduction immédiate des aides au Honduras, au Guatemala et au Salvador, alors que des milliers de Honduriens s’apprêtent à reprendre leur difficile marche vers les États-Unis.

Le président américain accuse ces trois pays d’Amérique centrale de ne pas avoir été capables «d’empêcher les gens de quitter leur pays pour entrer illégalement aux Etats-Unis». «Nous allons commencer à couper, ou réduire de façon significative l’énorme aide internationale que nous leur accordons», a déclaré M. Trump dans un tweet. Il a également reproché à l’armée et à la police mexicaine, d’être «incapables» d’arrêter les migrants, et dit avoir attiré l’attention de l’armée américaine et des gardes-frontière sur ce dossier. Après avoir passé une deuxième nuit au Mexique, des milliers de migrants, en majorité honduriens, s’apprêtaient à reprendre leur route, pour tenter de rejoindre la frontière avec les Etats-Unis, à 3.000 km de là. Après être arrivés, dimanche en fin de journée, à Tapachula, ils devaient mettre le cap sur la ville de Huixtla, dans le même Etat du Chiapas, à l’extrémité sud du Mexique, avant de tenter de gagner Tijuana ou Mexicali, dans le nord du pays. A l’aube, les membres de la famille de Maria Lourdes Aguilar, 49 ans, qui voyage avec deux filles et quatre petits-enfants, se disaient «endoloris, mais prêts à partir», malgré les pluies torrentielles de la nuit, qui ont trempé les centaines de migrants, qui ont dormi sur la place principale de Tapachula. «On ne mange pas bien, on ne dort pas bien, on ne se repose jamais», raconte Maria. «Nous y sommes habitués, notre propre président ne veut pas de nous, nous nous moquons de savoir si Trump ne veut pas de nous non plus», dit-elle.

Risque d’expulsion

Environ 3.000 personnes composent cette «caravane», selon un commandant de la police fédérale mexicaine, mais le chiffre pourrait être plus élevé encore. Jeudi, les autorités mexicaines étaient parvenues à bloquer la «caravane» à la frontière, mais de nombreux migrants sont entrés illégalement dans le pays par le fleuve Suchiate, séparant le Mexique du Guatemala. Dans la journée, les migrants avaient affronté la chaleur tropicale, escortés par des policiers locaux et survolés par un hélicoptère. La plupart d’entre eux n’avaient avec eux ni eau, ni nourriture. Ils ont applaudi les habitants qui leurs ont donné des vivres, et scandé «Mexico! Mexico!» pour les remercier. Le trajet pourrait prendre un mois, selon Rodrigo Abeja, membre de l’organisation Pueblos Sin Frontera (Peuples sans frontière), qui a déjà accompagné plusieurs caravanes. Parmi ces migrants se trouvent de nombreuses femmes et enfants. Tous s’exposent au risque d’être arrêtés et expulsés vers leur pays d’origine. «Ce gouvernement dit d’un côté qu’il respecte les droits des migrants, mais il ne leur permet pas un passage digne et sûr, en refusant de leur fournir rapidement un visa humanitaire»,déplore M. Abeja.

Seconde caravane

Cette marche vers les États-Unis a débuté il y a neuf jours, à San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, après un appel sur les réseaux sociaux, relayé par un ex-député hondurien. Une seconde caravane, d’environ un millier de Honduriens, a entamé, dimanche, la traversée à pied du Guatemala, en direction de la frontière mexicaine. Selon le ministère de l’Intérieur mexicain, entre vendredi et dimanche, 1.028 demandes d’asile ont été déposées. Sur le pont frontalier, entre le Guatemala et le Mexique, à Tecun Uman, des migrants attendaient toujours d’entrer légalement au Mexique. La frontière avait été partiellement ouverte, dimanche, pour laisser entrer plusieurs dizaines de migrants, en majorité des femmes et des enfants, qui ont été conduits dans des refuges. La route à travers le Mexique expose les migrants au risque d’agressions, de la part de groupes criminels. En 2010, 72 d’entre eux avaient été séquestrés par le sanguinaire cartel des Zetas, avant d’être assassinés dans l’Etat de Tamaulipas (nord), pour avoir refusé de rejoindre leurs rangs. Plus de 500.000 personnes traversent chaque année, illégalement, la frontière sud du Mexique, pour tenter ensuite de remonter vers les États-Unis, selon des chiffres de l’ONU.

R. I./AFP

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