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Année sociale 2018 La grève des médecins résidents a duré huit mois: Un mouvement historique et des regrets !

Entamé par une grève cyclique le 14 novembre 2017, le mouvement national mené par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) va vite s’inscrire dans la durée dès décembre de la même année.

Historique ! Jamais une grève en Algérie n’a duré autant que celle des médecins résidents. Un mouvement qui a tenu en haleine l’opinion publique durant tout le premier semestre de l’année 2018. Entamé par une grève cyclique le 14 novembre 2017, le mouvement national mené par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) va vite s’inscrire dans la durée dès décembre de la même année. Une grève illimitée est alors déclenchée par les 13 facultés de médecine du pays. Elle ne se terminera qu’en juin 2018. A l’origine, un ras-le-bol total des conditions de travail des blouses blanches. A la tête des revendications, l’abrogation du caractère obligatoire du service civil, la révision du statut de résident, l’amélioration des conditions d’exercice, d’accueil et d’hébergement dans les zones d’affectation, l’amélioration de la formation médicale et le droit à un traitement égal comme tout Algérien concernant la dispense du service national. Le dialogue entamé tardivement par le ministre de la Santé, le professeur Mokhtar Hasbellaoui, quelques jours après une violente répression par les forces de l’ordre, du sit-in du 3 janvier au CHU Mustapha-Pacha, n’a pas abouti. L’intransigeance et la détermination des résidents et l’incapacité du ministre à s’engager au nom du gouvernement à satisfaire des revendications telles que le service civil considéré comme «patrimoine» ou encore le service national sur lequel il n’avait pas de réponse, a toujours bloqué les pourparlers. Entre temps, la grève illimitée va affecter sérieusement le service des soins et d’accueil des malades dans les hôpitaux. Les médecins résidents (15 000 environ) s’occupent, en pratique, d’une bonne partie des tâches médicales dans les services. Leur grève a, de ce fait, mis à nu toutes les défaillances du système de santé algérien. Syndicats, partis politiques, Ordre des médecins et ONG finiront tous par apporter leur «soutien» à un mouvement pacifique «légitime». La détermination du Camra, fort de l’adhésion des résidents et de son système de fonctionnement, va jusqu’à vaincre un certain 12 février 2018, l’embargo instauré sur les marches dans la capitale. Malgré le dispositif sécuritaire, les résidents marcheront de la Grande Poste jusqu’au siège de l’APN. Une première. Ni le gel des salaires par les pouvoirs publics, ni les avertissements, ni les menaces de certains chefs de service ne vont faire abdiquer les résidents. Bien au contraire, ils boycottent l’ensemble des examens de fin de cycle (DEMS) à deux reprises, et passent en avril à un autre stade de pression, lorsqu’ils décident d’arrêter le service minimum et celui des gardes. Le 10 avril, après plusieurs réunions marathon, le Camra et le ministère de la Santé parviennent à un accord qui stipule sur la prise en charge de certains points : la réduction de la durée du service civil de 4 à 3 ans pour les villes universitaires du Nord et de 2 à 1 an pour les autres villes y compris celles du Sud, le droit au logement et au regroupement familial, «théoriquement déjà garantis», un plateau technique, une prime mensuelle du service civil variant entre 20 000 et 60 000 dinars en fonction de la zone et la déduction de la durée du service national de celle du service civil «dans certains cas». Pourtant, le bras de fer se poursuivra jusqu’au mois de juin, avant que les médecins résidents ne décident de reprendre le travail le 24 du mois «en guise de bonne foi et par sens des responsabilités», soit après 8 mois de grève. Car, faut-il le dire, les blouses blanches n’ont pas eu ce qu’ils voulaient vraiment, mais ils auront au moins contribué à dévoiler les failles d’un système de santé qui n’est pas près de se réformer. En novembre dernier, deux décrets exécutifs ont été publiés au Journal officiel, portant sur la prime de zone et la modulation de la durée du service civil. Un seul perdant dans ce bras de fer : la santé en Algérie. Et pour cause, quitter le pays après le service civil est le souhait de milliers de médecins résidents…

Aïssa Moussi

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