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Aouicha Bekhti lors d’une rencontre sur le statut de la femme à Bouira: «Les alliés anti-progrès avancent sur nos renoncements»

Le statut de la femme algérienne dans la société a été le thème d’un séminaire organisé hier à l’office des établissements de jeunes, (Odej) de Bouira, par le comité des étudiantes libres de l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira. L’organisation de cette activité se veut être, par les membres du comité, une façon de faire bouger les choses dans cette wilaya où il ne se passe rien qui puisse faire débat sur la femme, ses droits, sa condition et la lutte pour arracher davantage d’espace.
Pour animer ce séminaire, des militantes féministes et des écrivains ont été invités, notamment Aouicha Bekhti, Slimane Saadoun, Abderrahmane Yefsah, etc. Une exposition de tableaux, de photos et d’articles de presse relatifs à l’événement ont été exposés dans le hall de l’Odej. Pour les communications, le débat a été axé sur le code de la famille et les dégâts qu’il a causé à la femme.
Dans son intervention, la militante politique et féministe, Aouicha Bekhti, a appelé à l’abrogation pure et simple du code de la famille. Elle a refusé d’être régie par un code qu’elle a qualifié de code de l’infamie. «Le code de la famille, dans l’ensemble et dans le détail, est à jeter. Nous sommes une société du 21e siècle, je ne veux pas être régie par des règles d’il y a 15 siècles», a-t-elle déclaré.
L’intervenante a estimé que la seule avancée possible aujourd’hui, «c’est l’abrogation du code de la famille et son remplacement par des lois civiles égalitaires. Toutes les lois de la république algérienne sont temporelles». La militante féministe a tenu également à souligner que dans la pratique, le code de la famille avilit la femme et la famille. «Il n’y a que la femme qui est touchée par ce code, on a fait aussi de l’homme un despote dans la famille. C’est la raison pour laquelle il faut faire de ce combat l’affaire de toute la société. Car quand la femme régresse, la société l’est aussi», poursuit-elle.
Mme Bekhti s’est interrogée sur le pourquoi du fait qu’un garçon prenne le double de ce que peut avoir une fille comme héritage. «En quoi cela pourrait offenser Dieu si mon fils et ma fille ont la même part d’héritage», se pose-t-elle la question.
La militante a affirmé qu’elle n’a jamais eu de réponse à cette question. C’est pourquoi elle appelle tout le monde à passer à l’offensive et de s’organiser pour une action visant à saisir le conseil constitutionnel sur le caractère anticonstitutionnel du code de la famille. «L’intégrisme, le pouvoir et tous les alliés anti-progrès sont en train d’avancer sur nos renoncements», affirme-t-elle.
Comme elle a épinglé les ONG qui activent dans le domaine de la défense des droits de la femme d’avoir «semé la pagaille» en Algérie. Ainsi, deux autres conférences devraient être animées dans l’après-midi d’hier par l’écrivain Slimane Saadoun, qui parle de la femme algérienne et de l’histoire, et Abderrahmane Yefsah avec une communication portant sur la femme algérienne et l’art.

Ali Cherarak

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