Home / International / Après Daech, la contestation sociale: L’autre défi pour l’Irak

Après Daech, la contestation sociale: L’autre défi pour l’Irak

L’Irak qui a triomphé des terroristes de Daech est confronté à des protestations sociales dénonçant le chômage, les conditions sociales et la corruption.

La contestation en Irak est dans sa deuxième semaine, un mouvement émaillé de violences meurtrières qui met en lumière la détresse sociale après une quinzaine d’années de conflits. Six mois après la proclamation par les autorités du triomphe sur Daech, les problèmes sociaux sont redevenus la priorité. Ils étaient des milliers à le crier lors de nouvelles manifestations dans l’est et le sud du pays lundi. La population a déjà sanctionné sa classe dirigeante en s’abstenant massivement aux législatives et elle réclame aujourd’hui une meilleure répartition des juteux revenus du pétrole. Pour les manifestants, le grand problème, c’est la corruption. «Ces champs de pétrole nous appartiennent, pourtant on n’en retire rien», tempête ainsi Hussein Ghazi, manifestant de 34 ans, à Bassora, cité par l’AFP. En plus, cette année, la sécheresse et les barrages construits par les pays voisins en amont sur les fleuves qui traversent l’Irak ont perturbé la saison agricole, tandis que la pénurie chronique d’électricité laisse les Irakiens sans équipement sous une température atteignant les 50 degrés. Le premier ministre Haider al-Abadi a annoncé samedi une allocation immédiate de trois milliards de dollars pour la province. Il a appelé les services de sécurité «à se tenir en alerte car le terrorisme veut exploiter tout événement ou conflit». Mais il leur a ordonné de ne pas faire usage de balles réelles sur des protestants non armés. Exacerbé par la mort d’un homme dans la province de Bassora au premier jour des manifestations, le 8 juillet, ce mouvement a fait tache d’huile et s’est étendu à d’autres provinces du sud, dont Najaf, Missane, Kerbala, Zi Qar et Mouthanna. Tandis que la contestation menaçait de gagner Baghdad, internet s’arrêtait de fonctionner : les autorités ont assuré qu’il s’agissait d’opérations de maintenance. Lundi, le réseau marchait de nouveau. La plus haute autorité chiite d’Irak, l’ayatollah Ali Sistani, a apporté vendredi son soutien aux manifestants, tout en les appelant à éviter les désordres et les destructions. En 2015 déjà, un mouvement de protestation avait été lancé contre la prévarication et l’absence de services publics, animé principalement par Moqtada Sadr, le nationaliste chiite. En 2014, les terroristes ont procédé à la proclamation de leur «califat» en 2014 et occupé une partie du territoire du pays. Après trois ans de combats, le premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi a dit que l’Irak a triomphé de Daech. Dans un discours, le chef du gouvernement a annoncé que la prochaine bataille serait la lutte contre la corruption revendiquée par le peuple d’Irak.

Mounir Abi

Check Also

Meurtre du journaliste Khashoggi.. Erdogan accuse le prince Ben Salmane

Le président turc, Erdogan, a accusé le prince de l’Arabie saoudite de chercher à acheter …