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Après Oran, Tlemcen et Sétif, Tizi-Ouzou vote pour l’année blanche: Les résidents radicalisent leur mouvement

«Si le ministère de la Santé compte décréter l’année blanche, nous n’avons pas peur. Nous y sommes prêts», est le message délivré par les médecins résidents de Tizi-Ouzou, réunis lors d’une Assemblée générale.
Après leurs collègues des wilayas d’Oran, de Tlemcen et de Sétif, les blouses blanches du CHU Nedir Mohamed ont, à l’unanimité, adopté hier l’option estimant que la responsabilité dans ce pourrissement incombe au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. «Nous n’avons jamais voulu en arriver là. Mais, avec les pratiques du ministère de tutelle qui est allée jusqu’à geler nos salaires, il n’y a plus rien à espérer. S’ils veulent l’année blanche, nous en sommes prêts», explique le Dr Boussad Nehlil, membre du bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra). Selon lui, tous les médecins résidents ayant pris part à l’AG ont affiché leur «détermination» à poursuivre le mouvement, malgré ce qu’il qualifie de «tentatives de démobilisation par l’administration». Notre interlocuteur parle du gel des salaires dans plusieurs wilayas. À Tizi-Ouzou, le directeur du CHU a informé dimanche le bureau local du Camra que la paie du mois de mars est gelée pour les résidents en grève depuis plus de trois mois. Ces derniers ne comptent pas rester les bras croisés. Bien au contraire, ils menacent de radicaliser leur mouvement. «Nous allons déposer un préavis pour arrêter le service d’astreinte au niveau des urgences», met en garde le Dr Nehlil, non sans écarter «la possibilité d’arriver même à suspendre l’activité de garde». Pour la proposition d’année blanche, votée déjà dans plusieurs wilayas, notre source explique que ce n’est désormais qu’une formalité. Il est clair qu’il ne revient pas aux médecins résidents de la décréter, puisque la décision relève des prérogatives du Conseil pédagogique national de spécialités (CPNS), en concertation avec le ministère de la Santé et celui de l’Enseignement supérieur. Mais, force est de constater que les blouses blanches en grève depuis quatre mois, ne voient aucune autre issue, vue l’impasse qui bloque l’avancement des négociations avec le département du Pr Mokhtar Hasbellaoui. Le vote de cette option au sein de la base du Camra, se veut comme un défi de ce dernier aux autorités, surtout qu’après 4 mois sans cours, ni pratique, l’évaluation pour valider l’année devient très difficile.

Conséquences fâcheuses

A cela s’ajoute la menace qui pèse sur l’activité des urgences et des gardes, suite au recours du ministère au gel des salaires. A Sétif, précise le Dr Nehlil, « les résidents ont décidé de ne plus assurer le service minimum». Comprendre, il n’y aura ni gardes ni astreintes. Qualifiant d’ «illégale», la démarche du ministère de tutelle, le représentant du Camra dira que « ce n’est pas avec ces pratiques qu’on va nous faire abdiquer» . « Ce n’est qu’une autre atteinte à la dignité des Algériens que nous sommes» , a-t-il dénoncé. Quant aux conséquences de l’année blanche et du boycott des examens de DEMS par les 11 facultés de médecine, pour la seconde fois, par les médecins en dernière année de résidanat, le risque est grand. En effet, une fois la durée du service pour les spécialistes actuellement en exercice est terminée, il n’y aura pas de nouveaux remplaçants à affecter, à cause des examens non organisés. Une réquisition peut se faire par les directeurs de la santé de wilayas, mais pour une durée limitée de quelques semaines. C’est dire qu’à l’horizon du mois de mai ou de juin au plus tard, le secteur de la santé sera confronté à l’une des crises sans précédents dans l’histoire, avec la probabilité d’un désert médical aux conséquences fâcheuses. Pendant ce temps, le dialogue entre le département du Pr Hasbellaoui et le Camra est renvoyé aux calendes grecques.

Aïssa Moussi

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