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Après trois mois de lutte contre le système et ses symboles.. Le Hirak maintient le cap

Le mouvement populaire pacifique né un certain 22 avril dernier a bouclé, hier, son 14e vendredi et son troisième mois, sans dévier de son objectif principal, à savoir le départ du système. Chaque vendredi, des millions de jeunes, hommes et femmes, vieux et enfants, occupaient résolument les chefs-lieux des 48 wilayas, pour dire «Non au cinquième mandat de Bouteflika», et appeler «tous les symboles» du système à «dégager» pour céder la place à une deuxième République.
Une révolution est née
Quelques jours avant le 22 février, des appels anonymes pour dénoncer le 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika circulaient sur les réseaux sociaux. Le jour J, des manifestations ont eu lieu effectivement dans plusieurs villes du pays.Depuis cette date, les faits et évènements, notamment politiques, ont rapidement évolué. Mardi 26 février, des manifestations ont été organisées par des étudiants à travers plusieurs universités du pays. Le 7 mars, par les avocats du barreau d’Alger. Ils seront suivis par les magistrats, les notaires, les magistrats de la Cour des comptes. Le peuple, à travers ses manifestations, est resté constant dans ses positions. Le 11 mars, Bouteflika a annoncé le report de l’élection présidentielle du 18 février, et le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, démissionne, Bédoui le remplace.
Le 26 mars, depuis la 4e Région militaire à Ouargla, le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, soutient que la solution à la crise politique réside dans l’application de l’article 102 de la Constitution. Puis le 30 mars, il appelle à l’application des articles 7, 8 et 102 de la constitution. Gaid Salah appelle après le 02 avril, à appliquer «immédiatement» la solution constitutionnelle proposée par l’ANP, à travers l’application des articles 7, 8 et 102. Le vœu du Hirak se réalise. Le président Abdelaziz Bouteflika démissionne, après 20 ans au pouvoir. Cette nouvelle est jugée par le Hirak de «dénouement partiel». Le vendredi 5 avril, la rue fait monter les enchères, avec la naissance de la revendication «Yetnahaw Gaâ», (les symboles du pouvoir partiront tous). Trois vendredis durant, des poursuites judiciaires contre les hommes d’affaires voient le jour. Le samedi 20 avril 2019, l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et son ex-gouverneur de la Banque d’Algérie et actuel ministre des finances, Mohamed Loukal, ont été convoqués par le tribunal de Sidi Mhamed, à Alger, pour une affaire de dilapidation de deniers publics et octroi d’avantages illégaux.
Médiene, Tartag, Bouteflika, Hanoune en prison
Une autre phase s’annonce. C’est l’affaire de la mise en détention provisoire à Blida, des deux généraux Mohamed Médiene dit Toufik, Athmane Tartag dit Bachir, du conseiller de l’ex-président, Said Bouteflika, suivis après par la SG du PT, Louisa Hanoune. Cinq jours après, soit le 9 mai, Hanoune est incarcérée dans le cadre de la même affaire, à la prison civile de Blida. Les vendredis de la révolution passent et le Hirak, lui, ne recule pas. Les étudiants ont montré la voie en manifestant dès le 7 mai, premier mardi de Ramadhan, en nombre impressionnant. Malgré le jeûne, les étudiants ont envahi les rues, et ont exprimé une nouvelle fois leur rejet de l’élection du 4 juillet. Cette élection a été rejetée encore le 10 mai, premier vendredi du Hirak au mois de Ramadhan. Le samedi 16 mai n’était pas comme les autres journées vécues à Alger, où plusieurs anciens ministres, hauts responsables et cadres ont comparu devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger. Il s’agit des deux ex-Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, de l’ancien ministre des Finances, Karim Djoudi, de l’ancien ministre du Commerce, Amara Benyounes, de l’ex-wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, des deux anciens ministres des Travaux publics, Abdelghani Zaalane et Amar Tou. Pour les deux derniers vendredis des 17 et 24 mai, les manifestants ont scandé encore : «Non à la présidentielle encadrée par les mêmes symboles du système», «Nous voulons une solution politique et non militaire à la crise». Que nous réservent donc les prochains vendredis du Hirak ?
Smail Mimouni

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