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Armes françaises au Yémen

Trois journalistes français sont convoqués, ce mardi 14 mai, dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Ils ont divulgué le mois dernier une note classée «confidentiel-défense», dans leur média respectif. Cette note montre que la France a vendu des armes à l’Arabie saoudite et les Émirats, armes qui se retrouvent au Yémen, en plein conflit meurtrier. Des chars Leclerc, des canons Caesar, des Mirage 2000-9… du matériel militaire français est bien déployé au Yémen, utilisé par l’Arabie saoudite et les Émirats, acteurs du conflit yéménite qui a fait plus de 10 000 morts en quatre ans. La note de la Direction du renseignement militaire (DRM) divulguée notamment par le média Disclose, répertorie non seulement les armes françaises sur place, mais évalue également le nombre de civils pouvant potentiellement être touchés par des tirs d’artillerie. Ils seraient plus de 400 000. Cette note classée «confidentiel-défense» confirme un certain nombre d’informations révélées par des ONG auparavant. Dix-sept d’entre elles dénoncent d’ailleurs aujourd’hui la convocation des journalistes à la DGSI et «les menaces qui pèsent sur la liberté de la presse». «C’est inacceptable dans une démocratie moderne», déclare Tony Fortin, chargé d’études à l’Observatoire des armements. Des intérêts supérieurs, comme une potentielle complicité de la France pour crimes contre l’humanité, peuvent justifier la divulgation d’une note secrète. Trente-sept rédactions, dont la Société des journalistes de RFI, soutiennent également les journalistes.
17 ONG dénoncent
Cette prise de position intervient après la convocation de trois journalistes par les services de renseignement français pour avoir détaillé l’usage d’armes françaises au Yémen. Dix-sept organisations non-gouvernementales (ONG) ont dénoncé, lundi 13 mai, les «menaces pesant sur la liberté de la presse» après la convocation par les services de renseignement français de trois journalistes ayant enquêté sur l’utilisation d’armes françaises au Yémen. Cette convocation «constitue une atteinte inacceptable à la liberté de la presse», soulignent, notamment, Amnesty international, la Fédération internationale des ligues droits de l’Homme (FIDH), Human Right Watch, Médecins du monde, Action contre la faim, le collectif Solidarité Yémen ou encore l’association Sherpa. L’Assemblée générale de la Fédération européenne des journalistes (FEJ) dénonce, pour sa part, une procédure qui «a pour but implicite de faire taire les journalistes et empêcher une réaction de l’opinion publique sur une potentielle implication de Paris dans des crimes contre les populations du Yémen». La FEJ appelle le président français, Emmanuel Macron, et son gouvernement à «respecter la liberté de la presse, sans laquelle il n’y a pas de démocratie».

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