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Artifices de la malice…

Rien ni personne ne détient la vérité, en ces jours où celle-ci se perd dans des discordes prolongées, tant au plan social qu’économique. Tout se recentre sur la politique et ses soubresauts. Pendant ce temps, l’horloge biologique est malmenée, quant aux besoins physiologies, ils s’agrippent, entre lever et coucher du soleil, à une mercuriale en folie, et des bourses qui se vident sans retenue. La faim, la paresse, le gaspillage, l’arrêt de l’activité économique, la diététique bafouée, l’envolée des prix, etc., tout est en décalage avec les impératifs du monde moderne. Et comment peut-on revendiquer une démocratie politique, tout en refusant catégoriquement la diversité, dans les domaines de la pensée ? Comme à l’accoutumée, ceux qui ne jeûnent pas se voient condamnés à vivre dans la clandestinité ; quant à ceux qui ont une autre idée politique, plus ouverte, ils sont soupçonnés de vouloir porter atteinte à la sécurité de l’Etat. La vérité dans tout ça ? Bien malin celui qui pourra, ne serait-ce que modérément, répondre à la question. Même le sentiment de liberté est coincé entre jeunes et moins jeunes. Les premiers sortent sans trouver véritable alibi à veiller tard la nuit, les seconds ne peuvent s’autoriser de tels écarts pour leur fragile horlogerie biologique. Du coup, les mécontents inapaisables voient les verres à moitié vides, devant la platitude du culturel ou politique. En fait, l’embarras est profondément sociétal, car l’intelligence et la créativité sont foulées aux pieds, alors que les artifices de la malice pourraient aider à la liberté de penser, de créer, d’innover ou de surprendre, intellectuellement parlant. Faute de mieux, notre société se noie dans les quiproquos et les infortunes du passé, reléguant aux calendes grecques le mirage d’une seconde République. Religion et politique se donnent la main, pour étourdir un peuple déjà assommé par le jeûne du Ramadhan. Ceux qui auront rusé avec le devoir d’abstinence pour résister à la soif, à la faim et au plaisir d’en griller une, en catimini, ont tenu à manifester, vendredi dernier. Ils auront répondu à un autre devoir, plus pragmatique : celui de maintenir la pression, sur un contexte politique en quête de crédibilité. C’est précisément cette ruse, cet artifice de la malice, qui viendra à bout de tous les tabous politico-religieux. Sans être une vérité infuse, cette ruse désacralise les réflexes de mimétisme, érigés en ordre moral. Bref, l’on constate que ça vrille en politique, tout autant qu’au fin fond d’une religiosité réduite à des rites répétitifs, sans plus. Et il n’y a là aucune idée à vouloir porter atteinte au spirituel ou à la sécurité de l’Etat. Les petites gens, qui font ce constat, en jeûnant ou pas, ont en marre des hypocrisies, tout simplement. Ces hypocrisies ne font qu’aggraver les difficultés d’une économie à bout de souffle, et qui ne tient plus qu’à un fil, celui de la planche à billets. Une économie reposant essentiellement sur la rente pétrolière, ne menant à aucun Paradis promis, par les uns et autres «comptables» de la chandelle à brûler par les deux bouts. Et pourquoi se voiler la face ? La baisse flagrante de la productivité dans tous les secteurs d’activité, reste la seule vérité que beaucoup taisent, afin que les citoyens se comportent tels un troupeau de «béni-oui-oui», pour ne pas dire d’esclaves volontaires…
M. N.

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