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Athlétisme: Quand une discipline broie du noir

L’athlétisme se trouve tant en difficulté à tel point de ne plus produire des champions comme ce fut le cas dans les années 1980 et 90 avec plusieurs noms qui ont marqué l’histoire du sport national. Le mal semble plus profond, l’envoi de sept athlètes pour les prochains Jeux Méditerranéens lesquels, risqueraient de rentrer bredouille en sont une parfaite illustration.

Le nouveau système pourrait en être une des causes de cette maigre flopée, il empêche des jeunes et des moins jeunes de pouvoir s’exprimer, alors que dans le passé, la chance souriait à tous, une manière de permettre une importante poussée. L’autre cause, serait celle liée aux moyens, puisque de multiples athlètes n’ont malheureusement pas pu obtenir des commodités, ou le matériel nécessaire, dont imposent ces compétitions. Certains n’ont pas pu obtenir le sésame (visas) d’autres payent de leurs poches la billetterie.

Azzeddine Sakhri: «Beaucoup de choses sont à revoir»

Azzeddine Sakhri, l’ancien champion Méditerranéen sur route des Jeux de Bari en Italie (1997), actuellement, coach national des athlètes du semi-marathon s’exprime sur la lenteur de cette performance qui tarde à se faire sentir. Nous l’avons accosté, il nous livre ses impressions sans confidentialités et sans aller avec le dos de la cuillère remettant plusieurs paramètres en question, il dénonce certains faits qui empêchent l’athlétisme de s’exprimer. «J’estime qu’aujourd’hui le mal est plus profond qu’on le croit, il faut désormais que les responsables de la discipline prennent le ‘’taureau par les cornes’’ et ne pas se cacher derrière les tristes réalités». Comment on en est-on arrivé à cette situation, il s’exprime plus longuement, «l’athlète sommé de suivre une politique de développement d’où la stratégie de sa structure fédérale, il se perd entre la volonté de réaliser des performances et celle, de comment rester propre. Arrivé à un niveau intéressant, l’athlète est obligé de consommer des produits quelque peu douteux lesquels, peuvent nuire à sa santé. Souvent les athlètes mettent cela sur le dos de la consommation de vitamines ou de fortifiants pouvant aider l’athlète à réagir en temps opportun, mais se cachent derrière des compléments alimentaires qui sont désormais plus dangereux que les produits dopants». Qui est derrière tout cela, il rétorque, «C’est devenu banal et monnaie courante, tout le monde connaît ceci à travers des échanges de connaissances en termes médico-sportif ou d’internet. Ces athlètes veulent bien participer à des compétitions non officielles qui rapportent au détriment de grandes compétitions officielles surtout que les contrôles anti-dopage se multiplient de nos jours. 30% du budget ou de la prime obtenus par l’athlète va vers l’achat de produits douteux, ce qui met en difficultés la performance en Algérie». Sur comment il évolue en sa qualité de nouveau coach, il poursuit : «J’ai des difficultés à poursuivre mon travail, d’autant que je connais mon métier. Cette sérénade ne semble guère convenir à des individus qui veulent souvent remettre ma façon de travailler en question. Je les plains, ils prennent fausse route, je leur donne le plus simple des exemples, combien sont-ils ces athlètes qui réalisent aujourd’hui, un 10 000 m sous les 29 minutes, ou encore, courent un 5000 m à moins de 13’25’ ’qui étaient à la portée de tous, ils se comptent sur les bouts des doigts. Ce sont des performances qui étaient très abordables que les athlètes pouvaient réaliser en vue des minima en prévision des Mondiaux ou des J.O. Affreux de constater que peu d’athlètes réalisent les minima pour les Jeux Méditerranéens, alors que nous sommes en 2018». Et pour en connaître davantage les solutions que préconisent l’ancien champion sur route, il conclut : «J’estime que beaucoup de choses sont à revoir. Revenir au passé n’est pas une aussi mauvaise idée. La performance se travaille, elle ne se donne pas, nos champions ont souffert, ils n’ont pas connu ce genre de tracasseries et les résultats sont là.» En somme, la mauvaise passe que traverse l’athlétisme ressemble quelque peu à d’autres disciplines touchées par ce fameux chamboulement qui a eu lieu ces deux dernières années, rajouté à cela, le conflit qui a perduré entre le COA et le MJS.

Ahmed Chébaraka

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