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Au gré des rumeurs…

Maintenant que l’on a vu le cortège présidentiel rouler à vive allure entre Boufarik et Alger, le train du changement avance au ralenti. Contraint de traiter avec les diverses conditions de démocratie, il a l’embarras du choix pendant que rue, syndicats, associations et presse restent sur des charbons ardents. Quant aux formations politiques, la tension est extrême. Ceci explique pourquoi c’est profil bas chez de nombreux partis, notamment ceux de l’alliance présidentielle. Ceux de l’opposition n’en mènent pas large aussi, et tous espèrent trouver chaussure à leur pied. Les pointures correspondantes étant sujettes aux crédits de représentativité, c’est plutôt la bérézina au vu du discrédit populaire affiché lors des marches et manifestations de ces dernières semaines.
En fait, tous les yeux sont braqués sur l’attente. Bien sûr, les supputations ont déjà pris le train de ce changement, mais l’attente demeure. Elle concerne autant l’homme de la rue que la composante politique, juridique, économique de ce pays décidé à sortir de l’ornière. Tous s’agitent au son de ce changement, mais ils sont à cent lieues de comprendre ce qui leur arrive. Ça parle de pouvoir, de système, de clans, alors qu’il n’y a que les forces impalpables des pouvoirs de l’esprit qui détiennent la quintessence, l’essence même de toute évolution vers une sortie de crise. Ces pouvoirs de l’esprit sont une suite logique de cette évolution. La génération qui a fait la Révolution, celle qui a eu à gérer l’indépendance, celle qui a combattu le parti unique avant de se confronter à l’obscurantisme et au terrorisme, toutes ont été aux manettes de la locomotive du changement. Ces changements ont dû affronter problèmes et distorsions, ils sont passés par la case des pertes et profits.
Les pouvoirs de l’esprit étaient les artisans de ce passé révolu. Aujourd’hui et, sans parti pris aucun devant les attentes et la structure du changement escompté, ne peut-on pas avancer que tout change, sauf l’homme ? Égal à lui-même, il reste ce qu’il a toujours été au fil de ces pouvoirs de l’esprit. Égoïste, vindicatif, menteur, avide, tortionnaire et corrupteur sont les qualificatifs qui viennent à l’esprit qui tente de mettre de l’ordre dans cette foultitude d’attentes qui, en fait, paralyse le pays. Des citoyens honnêtes et soucieux du devenir de leurs enfants qui, sans être philosophes ou savants sur, notamment, les réseaux sociaux n’en pensent pas moins. Car, tabler sur l’avoir au lieu du savoir, paraître au lieu d’être, les placent en porte-à-faux de ces attentes.
La réflexion, le bon sens, l’engagement, le savoir-faire et l’aptitude à raisonner avec sagesse n’apparaissent nulle part. Les tribunes, qui pullulent sur des sites d’infos en continu, répondent davantage à des intérêts personnels qu’à des exigences populaires. Souvent contradictoire, ce marketing mensonger se repasse le plat du «rien ne va plus» et, quand la confiance fait défaut, l’espoir se dissout. Ceci au grand dam du citoyen qui voit la branche sur laquelle il est assis, sciée de toutes parts chaque jour. On en là à l’écoute de l’orchestre absurde, rappelant celui du Titanic au moment du naufrage. Pourtant, les vastes possibilités d’accès à la connaissance permettent de jauger l’absurdité de cet orchestre. Avide de querelles, il joue la partition de ses propres forfaits, à savoir ne tolérer aucun pouvoir de l’esprit, et laisser faire les rumeurs …
M. N.

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