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Au son des médisances …

Ces jours-ci, n’avoir de cesse que de médire, à tout venant, semble être le sport favori de nombre de nos concitoyens, notamment sur les réseaux sociaux. En y rajoutant les politiciens, pour sûr, le prix Nobel de la paix est loin de se voir décerné à un Algérien, pas de sitôt en tout cas. Faut croire que les langues, ces organes porte-parole, adorent savonner la planche à des notoriétés, les plus médiatisées de préférence. C’est au gré de leurs humeurs qu’elles propagent des fausses nouvelles, tout en laissant filer les rumeurs. Trop occupées à mijoter un plat ou à s’acheter une sucrerie, l’envie de faire mal, de titiller, l’emporte sur la vérification des sources. Refusant d’admettre l’évidence, ne déposant jamais les armes du «combat», ces langues se font longues et pendues, sans se donner au chat, en cas d’incertitude. Bien au contraire, elles tiennent des propos incertains, malsains, infondés et parfois orduriers. C’est ce qui se nomme communément le «t’menchir» et ses scies à métaux. Il prend plaisir à se faire porte-voix, tète de gondole de la vox-populi pour s’accaparer et gonfler les bruits de couloirs feutrés d’institutions en bisbille avec la communication officielle. Et, ça se fend alors de remarques insidieuses, de propos acerbes, de diatribes et autres attaques en règle. Dire en face les quatre vérités indispose ces porte-voix. Semer le doute et l’insinuation, c’est mieux pour ces cordes vocales, plus fourbes et pleutres qu’autre chose. Moulins à paroles, elles ne parlementent pas, ne jouent pas la franchise, ni même la carte sur table. Bien au contraire, elles se délectent à donner des coups de poignard dans le dos et vibrent au son de toutes les médisances qui sont dans l’air. Et comme y’en a à profusion, ces temps-ci, ça porte et ça colporte jusqu’à faire écho et chambre d’échos. Telles des langues de vipère, elles aiment à semer l’effroi et la crainte. Entre jubilation et délectation, elles se pourlèchent les babines quand leurs propos ciblent ceux qui n’ont pas eu la «chance» de les connaître. Puis, quand ses propos arrivent aux oreilles de ces cibles ou de leurs proches, ces langues de vipère font profil bas, réfutent ce qui leur est attribué, que leurs propos ont été mal interprétés. Inutile de vouloir les croire sur parole, la période est aux apparences. D’ailleurs, tout le monde est dans les vapes de toute évidence, en ce mois respirant mesquinement la franchise. Et là, les auxiliaires de la politique s’avèrent être des champions. Ils ne prennent jamais le chemin le plus court pour exprimer leur pensée sur les soubresauts que vit le pays. Ils abusent plutôt de la circonlocution, se perdent en métaphores douteuses et étirent leurs phrases pour égarer le citoyen lambda. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ils ne dépouillent jamais l’arbre de branches superflues quand il s’agit de soutenir ou de dézinguer, carrément, franchement. Non, ils pratiquent la langue de bois qui ment plus qu’elle ne respire la franchise. Cette langue-là, personne ne saura comment plaider sa cause à l’heure où sonnera le déclic d’une vraie démocratie, en ce pays. Pour l’heure, les propos des uns et des autres se multiplient en s’envolant vers le ciel. Pour éviter qu’ils ne soient trop terre à terre, ils pensent se donner de la hauteur, rien qu’en médisant sur x ou y. Facile, quand dire le bien fondé, construire l’avenir est bien plus difficile…
M. N.

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