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Avant toute consternation…

Alors qu’officiellement, Union européenne, Etats-Unis, France et d’autres «conseilleurs» pas toujours bons payeurs font dans l’inquiétude, sans donner l’air d’y toucher, la profondeur du mouvement contestataire reste le terreau idéal aux commentaires de toutes sortes, par médias interposés. Ça ne mange pas de pain mais ça y va avec le turbo des «analyses», en fait approximatives, et de la recherche du sensationnel. On y est tellement habitué que revenir sur le sujet serait inutile à l’heure où la fameuse objectivité, l’impartialité journalistique est devenue un leurre. Le paravent derrière lequel s’insinue de manière détournée le catéchisme de la démocratie à géométrie variable nous prend pour des anciens colonisés à réinvestir, sans plus. Alors basta, comme ils disent. Nous, on leur renvoie un «barkawna», tout simplement. Nos rumeurs et nos colportages nous suffisent amplement. Et y a de quoi faire avant de rejeter le bébé avec l’eau du bain. En réalité, si la grogne continue de courir les rues, c’est qu’elle ne voit pas venir d’interlocuteurs valables. La maladie du Président étant ce qu’elle est, les scénarios les plus fous se profilent à l’horizon. Et hormis quelques vœux politiques, souvent pieux, la communication officielle bat de l’aile.
Le problème entretenant dilemme et autres alternatives de sortie de crise est là. La complexité du problème ne sera résolue ni par une opposition hébétée, ni par un nouvel aggiornamento de la majorité en place. Le contexte politique est soumis à la prudence, car à la moindre étincelle, le caractère pacifique des manifestations populaires laissera place à la consternation des interventions musclées des forces de l’ordre. A ce moment-là, plus de vie normale à espérer avec commerces ouverts, services publics assurant le strict minimum, jardins récréatifs disponibles, terrasses de café accueillantes etc., etc. Cette consternation, suivie de désolations multiples, qui pour l’éviter ? Les récupérations politiciennes, aussi bien intra qu’extra muros, repartiront alors de plus belle, et les oiseaux de mauvais augure rediront et réécriront les mauvaises ordonnances prescrites au son du paternalisme conformiste. Et comme toujours, il y aura, en embuscade, les islamistes qui ne renâclent aucunement devant les troubles pour y tirer les marrons du feu.
La désolation citoyenne, la «fawdha», toutes sortes de malaise social, leur donne du grain à moudre et l’occasion de rebondir. Ces barbus instrumentaliseront encore, diviseront à nouveau, et exit la «rahma» ou la pseudo «chafaka», ils n’ont que la haine à semer pour exister. Jusqu’à présent, notre pays a pu rester à l’écart des grands bouleversements qui ont frappé le monde arabo-musulman après le fameux «printemps arabe». Mais le danger est toujours là, tapi sournoisement sous les méandres de donneurs de leçons qui «vous veulent du bien». C’est en ça que l’on doit impérativement, et à tout prix, rester unis malgré nos différentes interprétations des choses de la vie. Cela passe et passera par un combat contre nous-mêmes et contre les forces de négation. Ces forces cherchent à assujettir ce mouvement citoyen, elles sont prêtes à le vassaliser, sans égard pour un peuple se devant de les mépriser. C’est en tout cas la meilleure attitude à avoir, tant que nous ne sommes pas dans la consternation, suivie de dé-solations…
M. N.

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