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Aylan ou les vagues du désespoir, de Mohammed Cherif Ghebalou: Un bel hymne à la paix

L’ouvrage Aylan ou les vagues du désespoir paru aux éditions Empreinte Art, de Mohammed Cherif Ghebalou, revisite un pan de l’histoire universelle en levant une chape de plomb sur la violence et les atrocités du monde.

L’auteur d’Aylan ou les vagues du désespoir, Mohammed Cherif Ghebalou, nous introduit d’emblée dans la souffrance, la violence et les guerres. C’est un livre écrit avec les mots du cœur qui révoltent contre toutes formes d’injustices, de sujétion, et d’oppression. Pathétique et poignant, Aylan ou les vagues du désespoir donne des bleus à l’âme et montre toute la laideur humaine et la férocité des hommes.
Comme disait Hobbes, «l’homme est un loup pour l’homme». L’écrivain Mohammed Cherif Ghebalou évoque la détresse humaine et le conflit syrien par lequel il fait un voyage sur ce monde en bouleversement et en tourmente.
Aussi, évoque-t-il à travers cette prose tous les crimes de l’humanité en commençant par les anciens génocides, notamment indien, ceux des Apaches, iroquois et Sioux, pour affronter les nouveaux comme les guerres en Syrie, en Irak, en Palestine et au Yémen.
A travers cet envol de l’histoire humaine, parsemée de belligérances, de conflits, et de massacres, l’auteur raconte celle qui se répète sans pour autant s’initier. «L’histoire ne s’apprend pas», dit-il. «Lorsque j’ai découvert cette photo du jeune enfant Aylan dans un journal algérien, je fus muet devant cette assourdissante clameur inaudible qui émanait des flots fouettant le corps frêle de cet enfant de Cham.
Un corps d’enfant malmené par les vagues du désespoir retient mon attention, dérange les visions étroites de l’égoïsme mondial», indique-t- il.
«Comment peut-on rejoindre les marécages boueux des laideurs façonnées par des hommes, plutôt des ‘hommes- loups’ sans frémir devant la détresse d’une nation du globe ? Les laideurs sont-elles l’apanage de la nouvelle civilisation humaine ? En détruisant les vestiges en éliminant les repères du temps ?», ajoute l’auteur dont l’image d’Aylan a irrité, courroucé, affligé et meurtri.
C’est, d’ailleurs, par cette phrase qu’il fait l’entame de son livre : «La mort d’un enfant demeure la douleur de l’humanité».

Vive émotion

Cette famille syrienne fuyant les atrocités, a été décimée, le père Abdellah seul survivant tandis qu’Aylan, Ghaleb son frère et leur mère Rayhanna sont morts un 02 septembre 2015.  Un naufrage de plus, un de trop ! La photographie d’Aylan, le petit enfant de trois ans rejeté par les flots, ne soulève-t-elle pas la colère et l’exaspération du monde ? Dans cet ouvrage, Ghebalou lance un appel de détresse pour dénoncer ces nouveaux génocides qui font suite aux anciens. «La poudre venue du Vieux Continent avait une mission civilisatrice ? De nettoyer l’espace Sioux et Apaches ?» Et maintenant, ces nouveaux antagonismes ? Ce conflit syrien est-il «une nouvelle Shoah arabe ?» Peut- on rester insensible à la souffrance humaine ? Avec des mots touchants, et des émotions vives, l’écrivain l’écorche vif semble raconter tous les conflits qui ont émaillé l’histoire de l’humanité, des Hourrites, des Indiens, des Palestiniens en passant par des dictateurs comme Hitler, Mussolini, Franco, Pinochet.  L’histoire est une succession de forfaits et de monstruosités.

Cri de désespoir

D’une plume empreinte d’émotions et de douleur, Mohammed Cherif Ghebalou a su donner la pleine mesure de sa détresse. Son langage du cœur, émouvant est un cri de désespoir face à cette impuissance, à changer ce monde et à mettre fin à ces génocides.
L’auteur clôt son ouvrage par cette note optimiste qui donne du baume au cœur, une belle note d’espérance : «Rejetée par les vagues, la douleur est-elle le lieu des rappels, ceux des parcours éreintants d’une famille chassée de son bercail ?
L’atrocité des hommes-loups fut terrassée par le grand silence du désert, le cycle des violences infernales, au bout d’une période s’effondra dans le fleuve des égarements et ‘L’hymne universel‘, celui de la PAIX s’érigera en refrain fredonné par toutes les nations».
Un livre à lire avec beaucoup d’émotion qui nous montre que l’on ne peut désespérer de l’espèce humaine. C’est un hymne à la vie, à la paix et à l’altruisme. Il est à signaler que 100 da pour l’achat de cet ouvrage sont prélevés au profit des enfants syriens, selon la décision de l’auteur.

Kheira Attouche

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