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Ballon d’or de l’espoir…

C’est le Croate Luka Modric qui a remporté le Ballon d’or ce lundi soir. La sauterie en lumières s’est déroulée au Grand Palais à Paris. Et, faute d’avoir pu fermer le magma «gilets jaunes», la cérémonie a plutôt mis fin à une longue parenthèse. Dix ans que le Portugais Cristiano Ronaldo et l’Argentin Lionel Messi se partageaient ce trophée individuel, lourd de 12 kg d’or. Il fallait bien que ça finisse, bien que Ronaldo soit à la deuxième place du palmarès. Pour décrocher «l’Oscar» du meilleur footballeur 2018, certains n’avaient pas hésité à mener campagne, comme à Hollywood, pour convaincre un jury de 190 journalistes, issus de 190 pays. L’époque étant autant au faire savoir qu’au savoir-faire, le Croate a surtout espéré et a bénéficié de la grosse machine médiatique de son club, le Real Madrid. Ce géomètre du foot portant à la fois le romantisme et la froideur des superstars compilés en statistiques diverses n’est certes pas champion du monde. Mais le trophée est une récompense individuelle et non collective. Aussi, voir un joueur d’1,72 m dominer des matchs de Ligue des champions, où l’intensité athlétique n’est pas un vain mot, puis enchaîner avec une compétition mondiale en portant à bout de bras son équipe est carrément phénoménal. En revanche, il laisse le souvenir d’un homme un peu anodin, peu loquace, contrairement aux tricolores Griezmann, Mbappé ou Pogba. Eux, ils sont champions du monde de la parlotte aussi, mais c’est la force collective qui les a portés jusqu’au titre en juillet. En fait, l’esprit des jurés de ce trophée le savait déjà. Dans le détail, deux d’entre eux ont été invisibles lors des matchs à élimination directe de la Ligue des champions 2017-2018, censée regrouper les meilleurs joueurs et faire ou défaire les réputations. Le seul à y briller fut Raphaël Varane du Real, qui l’a d’ailleurs remportée. Mais le palmarès du Ballon d’or ne fait pas la part belle aux arrières centraux. Seuls deux défenseurs, l’italien Fabio Cannavaro et l’allemand Franz Beckenbauer ont été sacrés en soixante-trois ans. C’est peut-être décourageant pour nos capés évoluant en Europe, tels les défenseurs Ramy Bensebaïni de Rennes, ou Youcef Atal de Nice, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Est-ce à dire qu’il n’y a aucun espoir ? Non, cet espoir est permis, surtout si nos joueurs ambitionnaient plus haut lors du prochain marché des transferts, le mercato. Et changement de prairie donne appétit aux veaux. Ceci dit, l’espoir de revoir le duo Ronaldo-Messi dans le top des futurs Ballons d’or est-il permis, lui ? L’affirmer serait assez présomptueux. Mais après tout, Messi n’a que 31 ans et il évolue au FC Barcelone, l’un des meilleurs clubs d’Europe. Quant à Ronaldo, 33 ans, sa signature à la Juventus de Turin, l’été dernier, vise à prouver que c’est lui qui a fait gagner quatre Ligues des champions au Real depuis 2015, et non le club madrilène qui l’a fait gagner. De son propre aveu, il y croit encore, surtout s’il remporte la Ligue des champions avec le club piémontais. L’espoir fait vivre donc. Il a fait que le timide Luka Modric soit Ballon d’or cette année. «J’ai commencé à espérer au fur et à mesure, et c’est Zidane qui me voyait comme un joueur important pour lui, qui, demain, pouvait remporter le Ballon d’Or», a déclaré en interview le Croate de l’espoir individuel, une fois le collectif des lampions éteint jusqu’à l’an prochain…

M. N.

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