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Barrage Taksebt de Tizi Ouzou: Dégel du projet de 4 stations d’épuration

Voilà une bonne nouvelle qui va certainement ravir la population locale et surtout les défenseurs de l’environnement au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou : «Les pouvoirs publics ont décidé de lever le gel sur le projet de la réalisation de quatre stations d’épuration des eaux usées (STEP) sur les six prévues en amont du barrage Taksebt.»

«En effet, sollicités par le wali de Tizi Ouzou pour la levée du gel sur cet important projet au profit de sa wilaya, les services du ministère des Ressources en eau ont fini par accepter le dégel de quatre stations d’épurations des eaux usées (STEP) sur les six prévues en amont du barrage Taksebt à l’effet de protéger cette importante infrastructure hydrique de risques de pollution», c’est ce que nous a indiqué une source proche de la direction des ressources en eau de Tizi Ouzou, tout en précisant que le ministre de tutelle a confié la réalisation de ces quatre STEP à l’Agence nationale de l’assainissement (ANA) pour un coût de 50 millions DA soit l’équivalent de 5 milliards de centimes. Principale ressource en eau potable des 67 communes de la wilaya, et une partie des localités de Boumerdès et d’Alger, le barrage Taksebt d’une capacité totale de 180 millions de m3 est menacé de pollution en raison des milliers de mètres cubes d’eaux usées et de rejets des huileries et autres unités industrielles provenant d’une cinquantaine de villages relevant de 5 communes limitrophes.
Pour remédier à cette menace patente, les autorités de wilaya avaient annoncé en 2013 la réalisation de six stations d’épuration des eaux usées (Step), avant d’être gelées par les pouvoirs publics qui avaient prônés des restrictions budgétaires en raison des difficultés financières induites par la chute des ressources du pays en devises suite à la dégringolade des prix du pétrole. Toutefois, l’importance de ce projet conjugué aux décisions du gouvernement de lever le gel progressivement sur certains projets d’utilités publique notamment la santé, l’éducation et les ressources en eau ont fait que l’appel du wali de Tizi Ouzou a fini par recevoir un accueil favorable de la part des pouvoirs publics qui ont décidé de dégeler le projet de la réalisation de ces stations d’épurations des eaux usées.

Les défenseurs de l’environnement soulagés

Selon les services de la Direction des ressources en eau de Tizi Ouzou, ce projet vital pour le secteur hydrique de la wilaya est remis en cause en raison de la décision de gel qui touche de nombreux projets, prise par les pouvoirs publics, suite à la crise financière qui secoue le pays. Une décision de gel qui a fait réagir la direction des Ressources en eau de la wilaya de Tizi Ouzou, à travers un courrier adressé au ministère de tutelle en date du 25 novembre 2015 pour une demande de dérogation pour le maintien de cette opération lancée en 2014 bien avant la décision de gel prise le 09 novembre 2015.
En effet, selon le rapport de la DRE, ce projet qui comporte six stations d’épuration localisées respectivement dans la commune d’Irdjen, avec deux Step, à Aïn El-Hammam à Ouacifs, à Ouadhia et à Mechtras, n’ont pas été réalisé à temps à cause notamment de l’infructuosité des appels d’offre. En effet, sur les six appels d’offre, cinq ont été déclarés infructueux et seul le projet de la Step de Mechtras a vu son marché confié à une entreprise de réalisation avant que le gouvernement ne décide le gel de l’ensemble du projet. Une décision qui tombe tel un couperet sur la tête des responsables de ressources en eau dans la wilaya, surtout au vu de la situation peu reluisante dans laquelle se retrouve le plus important réservoir en eau dans la région.
Touché de plein fouet par la sécheresse sévissant dans le pays, le barrage Taksebt dont les capacités sont réduite à 43% de réserve d’eau, est également touché par le phénomène de pollution. Avec le gel du projet de réalisation de ces stations d’épuration, le barrage Taksebt risque de disparaître de la carte hydrique du pays.
Devenu le réceptacle des eaux usées venant de plusieurs villages et communes limitrophes, le barrage Taksebt qui alimente également plusieurs localités des wilayas de Boumerdès et d’Alger, est sous une menace permanente d’une pollution à grande échelle. C’est pour cette raison que les défenseurs de l’environnement qui ne cessent depuis plusieurs années de tirer la sonnette d’alarme sur ce danger qui guette cette grande infrastructure hydrique du pays, seront certainement les premiers soulagés par cette décision de levée de gel sur ces stations d’épuration.

22 villages déversent toujours leurs eaux usées
La réalisation de ces stations baissera de manière pas très signifiante, le volume d’eaux usées déversées dans le barrage de Taksebt situé en aval de plusieurs villages relevant des communes d’Aït Mahmoud, Béni Aïssi, Ouadhaisn, Ouacifs, Irdjen, Larbaâ N’ath Irathen, etc.
Les quantités importantes d’eaux usées que le barrage reçoit des villages de ce versant sud de la wilaya de Tizi-Ouzou accentuent son degré de pollution. L’inexistence de stations de traitement et d’épuration des eaux fait que toutes les eaux usées provenant d’au moins 22 villages sont déversées dans ce barrage. Avant, elles ont déjà pollué tous les cours d’eaux qui les charrient vers cette destination.
Depuis son inauguration, le barrage de Taksebt, véritable site écologique, n’a pas cessé de subir des agressions, en particulier celles liées à son environnement direct.
Ces agressions ont surtout trait à la pollution qui caractérise les environs immédiats de ce barrage qui s’étale sur une longueur de 14 km. Cette pollution même si elle n’est pas encore atteint un stade de gravité (on ne peut parler pour l’instant d’érosion hydrique) est générée par de nombreux autres facteurs.
Des deux côtés du barrage, il y a de fortes concentrations démographiques ainsi que les infrastructures installées sur les bassins versants.
Il n’existe pas de concentration industrielle proprement dite, et qui peut constituer une menace directe, mais dans les régions contiguës au site, on peut relever, des huileries, des élevages avicoles, de petites fabriques etc.
Une situation de menace quasi-similaire pèse sur les autres barrages comme ceux de Draâ El Mizan, car tous les cours d’eau qui les alimentent le sont déjà. La quasi-totalité de s villages de la Kabylie, qui en compte plus de 1500 déversent leurs rejets dans les oueds, ruisseaux et rus.

Ali Chebli et B. B.

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