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Batna célèbre la Journée internationale de la montagne: Des hameaux disparus

La direction des forêts de la wilaya de Batna s’ingénue, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la montagne, à placarder quelques affiches à l’entrée du siège de son administration et à concocter quelques sujets à débat.

Cela est programmé aux salles des actes de l’université Hadj-Lakhdar (ex-Mouhafadha), loin de la réalité du quotidien, en l’absence du public concerné, alors que l’exode montagnard à Batna, se poursuit et continue à s’enfler.
Dans la wilaya de Batna, chaque année, des villages fantômes ou des maisons isolées abandonnées par leurs occupants pour diverses raisons, apparaissent pour hypothéquer les richesses des paysages fascinants aux opulents patrimoines. La majorité des dechras et des hameaux a subi une forte ponction de population. Beaucoup de hameaux montagnards et fermes isolées ont complètement disparu ces dernières décennies. Il est difficile de donner des chiffres exacts puisqu’il n’y aurait pas eu de recencement. D’ailleurs, il n’aurait pas d’études ou articles de presse qui traitent de ce sujet pourtant important. Tout s’est fait ou se fait dans le silence le plus absolu. Quelques maisons sans toits, ni portes, ni fenêtres, des pans de murs, des traces, des pierres de construction éparpillées tiennent encore à raconter la désertion massive et témoigner qu’il y avait de la vie autrefois. La situation ne semble préoccuper personne. Lorsqu’on évoque le sujet, on se voit répondre que la faute revient aux conditions climatiques qui sont défavorables et celles qui ont poussé les gens à fuir leurs terres et à gonfler le nombre des chômeurs de la ville. Effectivement, la désertion de l’habitation montagnarde ne date pas d’aujourd’hui. Elle a commencé après l’indépendance en 1962 et s’est surtout accélérée brusquement avec la decennie noire qui a endeuillé le pays. Depuis, elle n’a cessé d’affecter les fermes isolées et les hameaux des montagnes. Devant les conditions climatiques sévères et impitoyables, beaucoup de jeunes ont déserté les lieux pour subvenir à leurs besoins. Il ne reste que quelques vieillards enracinés dans leurs milieux naturels à résister et à espérer des jours meilleurs. «Les conséquences climatiques défavorables ont provoqué une sorte de découragement à vivre en montagne, malgré les richesses en matière de faune ou de flore», expliquent toutes les personnes consultées sur le sujet. «Le déclin général du peuplement, la crise des cultures céréalières, les problèmes d’ordre naturel et économique et social et le bien-être des villes» seraient l’explication mais la vrai raison n’a pas été étudiée. A la direction des forêts, on a engagé de véritables études en puisant dans la réalité pour inverser l’exode vers ces communes montagnardes. On ne sait pas quand sera engagée une véritable lutte contre l’exode rural des montagnards et une véritable intervention pour aider les populations montagnardes à monter leurs petits projets.
Il est souhatable que les autorités apportent leur aide aux quelques personnes qui sont restées sur place mais qui ne sont pas assez appuyées pour faire face aux problèmes et maintenir en vie leurs champs et leurs vergers. Malheureusement, ce n’est pas avec quelques affiches et rencontres entre amis dans des salles climatisées, que la wilaya de Batna inversera l’exode. Il faut agir par des actes concrets car les montagnards sont de plus en plus nombreux à quitter définitivement leurs massifs pour les villages de plaine ou les villes.

Il faut des actes

La Journée internationale de la montagne est une occasion pour sensibiliser l’opinion publique sur l’importance des montagnes, qui recouvrent 49% de la superficie totale du territoire de la wilaya de Batna. La direction des forêts devrait se pencher sur le dossier de l’économie de la montagne en essayant d’inverser l’exode rural en misant sur l’écologie et l’économie sociale, hydrique ou encore touristique. On devrait viser à maintenir ou à créer les activités (agricole, touristique, artisanales et cultures voire même industrielles) dans les zones à handicaps naturels et tout particulièrement dans les zones de montagne, en réduisant les différences de revenu entre les agriculteurs des zones défavorisées et ceux du reste du territoire. On devrait participer à consolider l’activité économique et à préserver l’emploi dans les territoires de montagne et en créer pour stabiliser les populations montagnardes. Il est temps de recenser les mécanismes financiers dans les régions de montagne pour assurer la durabilité des flux des ressources des montagnes. La montagne ne doit pas être considérée comme un boulet de misère à traîner, mais bien comme une formidable opportunité d’avenir.

Aguellid Aguellil

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