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Beaucoup de familles le préfèrent A la mer: Vacances à Hammam Melouane

Deux bonnes raisons d’avoir comme destination d’été ce havre de paix : le thermalisme et les randonnées pédestres.

A une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale, pour moins d’une heure en voiture, Hammam Melouane est devenu au bout de quelques années un pôle attractif pour de nombreuses familles des wilayas du centre du pays. Il faut rappeler que l’endroit a toujours connu une animation particulière remontant à l’ère coloniale. On y allait notamment pour les vertus thérapeutiques qu’offraient les thermes. Une raison qui continue de nos jours à drainer des milliers de visiteurs.
Les eaux chaudes prenant source au pied des monts de Chréa s’offrent généreusement aux visiteurs. D’Alger, les familles qui s’y rendent comptaient toujours un malade dans leur voyage. Rhumatismes et diverses maladies de la peau y trouvent généralement remède.
Le bouche à oreille allant crescendo a joué un rôle défiant toutes les publicités réunies. Pour leurs déplacements, jadis, les Algérois faisaient confiance au transporteur le plus populaire depuis des générations.
On a nommé Lounès et son autocar bleu marine. On y embarquait de la Place des Martyrs, près de la mosquée Ketchaoua, son port d’attache, avec tout ce qu’on pouvait emporter avec soi. Lourds bagages, victuailles et l’inévitable marmaille.
La patience légendaire du transporteur était sa marque de fabrique et les clients se mettaient à leur aise. Le voyage durait presque trois heures à cause des fréquents arrêts, mais il faut compter aussi le vieil âge de la mécanique.
Une longue escale était imposée à Bougara, aujourd’hui chef-lieu de la circonscription administrative dont dépend la commune de Hammam Melouane.

Les années black-out

Durant les années 90, le nom de cette localité rimait avec couvre-feu, violence, tueries, motus et bouche cousue et modus vivendi. Les hordes terrorises qui régnaient sur une grande partie du territoire de la wilaya imposaient leur diktat. Terreur, bombes, sabotage des biens publics et tout le toutim au nom de l’obscurantism. Abdelkader, rencontré sur les lieux, se rappelle cette nuit cauchemardesque vécue alors qu’il était venu rendre visite à un proche habitant d’un hameau situé entre Bougara et Magtaa Lazreg.
Un massacre ayant coûté la vie à une dizaine de personnes alors que plusieurs autres, laissées pour mortes, ont miraculeusement survécu avec des séquelles indélébiles. «vers 22h de cette nuit glaciale de février 1995, on a entendu des cris et des aboiements de chiens chez les voisins. Ayant tout de suite deviné de quoi il s’agissait, je me suis dirigé vers l’étable pour me cacher derrière des bottes de foin. Je n’en suis sorti qu’à l’arrivée des forces de sécurité au petit matin. Quatre de mes cousins dont une femme ont été exécutés par arme blanche. Chez les voisins, on a dénombré six morts. C’était horrible.
Les cris et les supplications des suppliciés mélangés aux termes Allahou Akbar des sauvages résonnent encore dans mes oreilles plus de vingt ans après. Tout cela pour avoir soupçonné les pauvres villageois de collaborer avec l’armée», raconte avec tristesse un rescapé de la tuerie, avouant qu’il est suivi depuis des années par un psychiatre à cause de ses insomnies répétées. Un homme d’un âge moyen tenant un petit commerce confie lui aussi avoir échappé à une exécution sommaire au motif qu’il aurait nié le passage d’une patrouille militaire près de sa maison au lieu-dit Tala Aacha près de Chréa. Un lieu tristement célèbre qui a servi de QG à Antar Zouabri, devenu émir du GIA après la mort de Djamel Zitouni, tué par les forces de sécurité en 1995. «N’eut été l’intervention d’un des leurs qui s’est opposé à mon exécution, dont j’ignore toujours la raison, ils m’auraient tué puisque je les ai entendus en parler entre eux», dira ce revenant de loin.
Il ajoutera qu’à l’époque, le seul moyen de s’en tirer, c’est de faire le sourd-muet et l’aveugle en même temps. Son voisin renchérit : «Certains citoyens, par simple soupçon, ont été malmenés. Dans mon cas, j’ai été contraint d’emmener ma famille chez des proches du côté d’Oran, endurant pendant des années une précarité insupportable. Aujourd’hui, louange à Dieu, ce n’est plus que des mauvais souvenirs».

Renaissance

A partir des années 2000 et à la faveur de la réconciliation nationale et de la concorde civile, Hammam Melouane et ses environs renouent progressivement avec l’activité essentielle de la région, sa vocation peut-on dire, qu’est le tourisme. De masse s’entend. Le niveau, faut-il le rappeler, permettant d’attirer une catégorie de touristes exigeants n’est pas pour le moment à l’ordre du jour. Toutefois, les initiatives des autorités locales tendant à redynamiser cette charmante commune commencent déjà à donner des fruits.
Le modeste hôtel ayant bénéficié d’une bonne réhabilitation offre les commodités essentielles aux familles de passage ainsi que celles appelées à une cure thermale. Autour de cet établissement ont été créées des activités touristiques complémentaires donnant aux lieux une ambiance festive. Des privés ont commencé à investir dans ce créneau et il faudrait peut-être attendre quelques années pour voir le résultat. Mais c’est assez encourageant. De leur côté, la wilaya et l’APC concordent leurs actions pour la promotion et le développement de toute la zone ne manquant pas d’atouts pour charmer. Restée vierge et pratiquement non exploitée depuis longtemps, la région offre aux visiteurs amoureux de la nature dans toute sa pureté un endroit idéal pour les randonnées pédestres.
Le relief s’y prête d’ailleurs avec en amont le massif blidéen veillant du haut de son point culminant à 1500 m sur toute la wilaya de Blida. Particularité commune à la majorité des visiteurs, ces derniers y trouvent notamment le respect mutuel recherché par les familles conservatrices. «Je viens ici avec ma famille, dira Mohamed, parce qu’il y a «el hourma» (respect). Certains aiment la plage et d’autres préfèrent la discrétion. Nous on loge à cette enseigne». Pour Salah, un habitant de Médéa, Hammam Melouane offre beaucoup d’avantages. Le respect dû aux autres tel que dicté par nos traditions, la beauté des lieux, profiter des eaux thermales. «En bref, y passer la journée, on se sent retapé», conclut notre interlocuteur.

On raconte que…

Les légendes autour de Hammam Melouane sont nombreuses et certaines remontent aux temps immémoriaux. Les habitués des lieux comme résidents ont des versions divergentes sur l’origine de cet endroit mythique. Parmi les plus fabuleuses, on raconte que le prophète Souleymane (roi Salomon) aurait, avant d’entreprendre son périple à travers le monde, ordonné à ses djinns (afrits) de procéder à une préalable exploration des lieux d’escale appelés à offrir tout le confort et le repos au commandeur. Des commodités à la hauteur de son rang.
Parmi les meilleurs endroits que les serviteurs de Souleymane ont trouvés figure ce hammam où coulent des sources chaudes à longueur d’année. Une autre légende parle de la fille du dernier dey d’Alger, en l’occurrence Hussein, souffrant d’une affection dermatologique qui la clouait au lit. Les médecins n’ont rien pu faire contre la maladie. Et un jour, un des proches du dey conseilla à ce dernier de l’emmener faire une cure dans les eaux thermales de Hammam Sidi Slimane comme on l’appelait à l’époque en référence à la première légende citée.
La fille du dey conclut l’histoire, fut complètement guérie de sa maladie aussitôt après s’être baignée dans les eaux chaudes du hammam, qui, depuis, prit le nom de Melouane. Ces histoires relayées par les habitants de la région ne sont pas vérifiées mais une chose est certaine, c’est que les visiteurs n’auront pas de regrets à y aller. Cependant, beaucoup reste à faire en matière d’accueil. L’intervention des instances serait d’un apport considérable pour faire de hammam Melouane un vrai pôle touristique aux normes internationales. La nature y est plus que généreuse.

Ali Fares

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