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BEJAIA.. Les mots d’ordre de la rupture scandés

Comme tous les vendredis précédents, la population, une nouvelle fois, s’est donné rendez-vous avec l’histoire. Et la mobilisation était d’autant plus forte que la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un vice-Premier ministre n’a fait qu’exacerber la colère de toute la région.

Un mois après l’historique marche de Kherrata qui fut un véritable coup de starter pour les grandioses marches populaires qui ont eu lieu à travers tout le pays, la mobilisation n’a pas pris une seule ride qui pourrait jeter le doute sur la dynamique populaire. Comme tous les vendredis précédents, la population, une nouvelle fois, s’est donné rendez-vous avec l’histoire. Et la mobilisation était d’autant plus forte que la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un vice-Premier ministre n’a fait qu’exacerber la colère de toute la région, à l’instar des autres régions du pays, qui exigent le départ de tout le système ainsi que tous les hommes qui le représente. «Il n’y a rien à espérer de ce trio du sérail Bedoui, Lamamra et Ibrahimi (ndlr) qui ont pour principal objectif de réanimer un système moribond», redoute un groupe de manifestants.
L’esplanade de la Maison de la Culture, véritable cœur vivant de la contestation depuis le début des évènements, est prise d’assaut dès les premières heures de la matinée, et vers midi, le flot humain s’est répandu sur tout le quartier Aamriw. Comme un jour de fête, les drapeaux aux couleurs amazighe et algérienne, flottent dans l’air, portés par des milliers de mains. «Système dégage !» hurle la foule déchaînée. La marée humaine, haute en couleurs, scande des slogans hostiles au Premier ministre fraîchement désigné, et à son adjoint, le diplomate Ramtane Lamamra, originaire de la région. «Rendez-nous l’Algérie !», crient à tue-tête les manifestants, décidés à ne rien céder. Le plus grand boulevard de la ville est submergé par des dizaines de milliers de personnes, et ce qui devait être une marche ne fut qu’un sit-in.
Des rues adjacentes fuse le célèbre «Djazair horra dimocratia» des années 1990 lorsque les islamistes ont lancé un véritable cri de guerre contre le peuple. Des échos qui nous sont parvenus d’Akbou, de Sidi-Aich, de Tichy et des autres villes de la Vallée font état de la même atmosphère. Si beaucoup de manifestants ont afflué à Béjaïa par bus mis à leur disposition par les APC, la population d’Amizour a préféré parcourir les 30 km séparant leur ville du chef-lieu de wilaya à pied. C’est un signe qui ne trompe pas quant à l’issue de ce combat qui va dans le sens souhaité par le peuple : déchoir le système en place en 1962. Depuis le 16 février, il ne s’est pas passé, en effet, un jour sans qu’on ait à enregistrer des actions de rue ou des rassemblements pour le même motif : départ du système. Toutes les couches de la société, toutes les corporations professionnelles ont été au rendez-vous avec l’histoire, y compris celles qu’on croyait tenues par l’obligation de réserve, à l’image des magistrats qui ont exigé haut et fort l’indépendance de la justice.
A. Arab

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