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BEJAIA: Les salles des fêtes en vogue

Depuis la fin du mois de ramadhan, la célébration des fêtes de mariage bat son plein. Les salles de fêtes affichent complet. Il faut parfois réserver des mois avant la date des noces pour espérer célébrer le mariage au jour prévu. « Aujourd’hui les dates de mariage sont fixées non pas par les familles mais plutôt par les gérants des salles des fêtes » nous dira le frère d’une jeune fille qui doit célébrer ses fiançailles cet été. Nous avons prévu de célébrer cette union chez nous, mais à la dernière minute, les futurs époux ont décidé que leurs fiançailles devaient se dérouler dans une salle des fêtes » raconte notre interlocuteur qui n’a pas trouvé une salle libre pour la date prévue. « J’ai cherché même en périphérie de la ville, mais sans résultat » ajoute-t-il dépité. Mais pourquoi tant d’engouement pour les salles des fêtes, alors qu’avant toutes les fêtes se célébraient chez soi ? On comprend que les familles nanties préfèrent les palaces et autres hôtels luxueux, mais celles dont les revenus sont moyens cèdent également à cette envie de banqueter avec des paillettes, sous les feux des flashs, au milieu des sons robotisés des DJ. Mais pas que. On va dans les salles des fêtes, parce que les gens n’ont pas les moyens de recevoir tous les invités. « Ca nous évite énormément de tracasseries. On a déboursé 250.000 DA pour 150 invités, repas compris » affirme Fadéla, une maman dont le fils se marie à la mi-août. « Je ne peux pas recevoir tout le monde chez moi, et si je compte les soucis que pose l’organisation d’une fête, je trouve que je m’en sors très bien à ce prix là » ajoute notre interlocutrice. Ce phénomène n’est pas simplement propre aux villes, puisque même dans les campagnes, et dans les petits centres urbains les familles préfèrent les salles des fêtes. En témoigne à ce propos le nombre de ces salles qui a triplé en quelques années. Des villes comme Tazmalt, Akbou, Sidi-Aich, en comptent jusqu’à quatre ou cinq. Un créneau très juteux qui rapporte des fortunes à certains propriétaires. Mais il faut dire que le cahier des charges relatif à l’exploitation de ces espaces de divertissement, fixé par arrêté du 29 octobre 2005 est très exigeant. Les personnes ayant investi dans ces créneaux ont du consentir beaucoup d’efforts financiers pour se mettre en harmonie du décret 05-207 du 4 juin 2005 fixant les modalités et conditions et modalités d’ouverture et d’exploitation des établissements de divertissement et de spectacles. « Aujourd’hui, une salle des fêtes nécessite un très lourd investissement. Rien que pour le terrain, j’ai déboursé 12.000.000 DA, tandis que la construction et les équipements m’ont coûté 20.000.000 DA. Bien sûr, il faut ajouter à tout ça un budget de fonctionnement qui avoisine les 5.000.000 DA par an » explique sous le sceau de l’anonymat le gérant d’une salle à Béjaia. Ces espaces sont donc une véritable industrie, et le spectacle en est un. Il y a toute une logistique à mettre en place pour le fonctionnement normal des salles : employés de bureau, serveurs, cuisiniers, électriciens…sans compter les équipements comme les groupes électrogènes, les appareils de réfrigération, le système de climatisation et le chauffage central. Il faut compter en moyenne, 250.000 DA pour la location d’une salle pour deux heures seulement avec service complet (déjeuner préparé sur place), dans une ville comme Tazmalt et un peu plus à Béjaia. Mais comme l’affirme si bien un dicton populaire « li mzewedj mahou guellil » ( celui qui se marie est loin d’être pauvre), tout le monde trouve son compte.


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