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Bouira: Un rassemblement empêché

Le rassemblement régional de l’intersyndicale prévu dans la matinée d’hier, devant le siège de la wilaya de Bouira a été empêché par les forces de l’ordre.

Les dizaines de membres de syndicats autonomes venus de plusieurs wilayas du centre ont été dispersés par la police qui leur interdit de se rassembler sous prétexte qu’ils n’ont aucune autorisation. Après des négociations, les syndicalistes ont été chassés de la placette de la maison de la culture Ali Zaâmoum. La police les a forcés à marcher jusqu’au siège de la direction de l’éducation nationale, où le rassemblement a été dispersé et plusieurs personnes arrêtées.
Les forces de l’ordre qui étaient en nombre important ont tout fait pour mettre en échec le rassemblement de l’intersyndicale qui a prévu quatre actions à l’échelle nationale.
Au moins une dizaine de personnes qui ont pris part au rassemblement de l’intersyndicale ont été embarquées par la police. Les secrétaires généraux des syndicats membres de l’intersyndicale ont dénoncé l’acharnement des forces de l’ordre à empêcher une manifestation pacifique.
Pour certains, cette réaction ne reflète que la vraie nature du gouvernement algérien. «Malheureusement nous sommes à Bouira et on est accueilli devant le siège de la wilaya par une armada des forces de l’ordre qui nous interdisent en tant qu’algériens même de circuler librement. Ils nous ont orienté vers le siège de la direction de l’éducation nationale», a déclaré Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’Education et de la formation (Satef).
Pour ce qui est des revendications de l’intersyndicale, M. Amoura évoque la loi sur la retraite, le code de travail, l’érosion du pouvoir d’achat et l’entrave de l’exercice syndicale. «Nous sommes venus pour dénoncer la nouvelle loi sur la retraite et la condition d’âge qu’ils ont abrogées. Le deuxième point c’est le nouvel avant-projet du code de travail sur lequel nous ne sommes pas consultés. Nous demandons au ministre du Travail de nous consulter. Le troisième point c’est l’érosion du pouvoir d’achat qui concerne même ces services de sécurité. Nous sommes là pour dénoncer l’entrave au libre exercice syndical et l’atteinte aux libertés syndicales. Aujourd’hui, nous constatons qu’en Algérie, nous ne pouvons même pas manifester notre mécontentement», ajoute le SG du Satef. Pour le porte-parole du Cnapeste, M. Boudina Messaoud, l’interdiction du rassemblement de l’intersyndicale ne fait refléter la nouvelle politique du gouvernement qui excelle dans l’art de réprimer. «Aujourd’hui nous constatons en direct la nouvelle politique du gouvernement algérien qui est orientée pour entraver l’exercice syndical. L’Etat algérien ne doit donner une telle image, d’autant plus qu’il a signé l’ensemble des lois et conventions internationales. En tant que syndicat, nous luttons dans un cadre pacifique», a déclaré Boudina Messaoud qui estime que par cette réaction musclée des forces de l’ordre, que le gouvernement est entrain de «se contredire quant la politique du dialogue social et que ce comportement ne contribue pas à la cohésion sociale». «Cela ne fait que pousser au pourrissement», regrette-t-il.
«Notre objectif c’est de transmettre à haute voix que la situation dans laquelle se trouve le travailleur algérien doit être améliorée. L’intersyndicale est toujours en concertation. Nous allons nous réunir pour fixer la date de la prochaine action», a ajouté le porte-parole du Cnapeste. De son côté, le coordinateur national du Cnes, M. Azzi Abdelmalek, «il y a un net recul des libertés syndicales» en Algérie. «Je trouve que ce n’est pas normal d’empêcher un rassemblement pacifique. On a évité la capitale parce qu’on savait que c’est impossible, on a déjà essayé de faire un rassemblement, il a été réprimé. Je ne vois pas pourquoi interdire ce rassemblement», souligne le coordinateur national du Cnes. Après avoir empêché les syndicats autonomes de se rassembler, les forces de l’ordre ont également interdit aux journalistes des chaines de télévisions de mener à bien leur mission qui consiste à informer l’opinion publique. Les policiers exigent aux journalistes une autorisation écrite émanant du wali.

Sadek Dziri secrétaire général de l’Unpef : «Pourquoi a-t-on empêché le sit-in?»
«À Bouira, une centaine de manifestants ont été réprimés. Une vingtaine d’entre les manifestants ont été interpellés par la police, avant d’être relâchés à midi. Pourtant, l’intersyndicale a fait état dans son préavis de grève de la tenue de rassemblements dans quatre régions du pays. A Oran, Annaba, Laghouat et Bouira, les sit-in se sont déroulés dans le calme. Aucun incident n’a été signalé. C’est à se demander si chaque wilaya à sa propre loi. Comment ce fait-il que dans les trois régions, les rassemblements ont été permis, alors qu’il a été opprimé à Bouira ?».

Idir Achour, porte-parole du CLA : «Nous condamnons énergiquement»
«Nous condamnons énergiquement la répression dont à fait objet les centaines de grévistes à Bouira. Les rassemblements régionaux ont eu lieu dans le calme dans les wilayas d’Annaba, Oran et Laghouat, mais à Bouira, les forces de sécurité ont empêché la tenue du sit-in. Les protestataires, des fonctionnaires, ont été réprimés. De manière générale, cette action de protestation a été largement suivie dans le secteur de l’Education».

Ilyes Merabet président du SNPSP : «Nous dénonçons ce qui s’est passé»
«Nos rassemblements étaient prévus et annoncés dans le préavis de grève que nous avons déposé. Nous dénonçons ce qui s’est passé à Bouira, où les forces de sécurité ont usé de brutalité, pour empêcher le rassemblement, alors que les protestataires ne gênaient personne. Le sit-in se tenait devant la maison de la culture de la wilaya. Concernant le taux de suivi de la grève, au niveau du secteur de la santé, 75% des travailleurs du SNPSP ont répondu à l’appel de l’Intersyndicale et ont adhéré au mouvement de protestation»

Ali Cherarak et Fella Hamici

 

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