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Budgets pour projets artistiques: A voir…et à manger

Même si le budget alloué par l’Etat au secteur culturel est minime, il est des gens qui en profitent sans qu’ils ne fassent d’effort pour réaliser une œuvre d’art de grande valeur.

«Il n y a pas de fumée sans feu», dit l’adage. De tout temps, on a entendu des histoires d’argent alloué et dont une bonne partie est partie sans que l’on sache où et pourquoi. Dans le milieu artistique, notamment le cinéma, le théâtre et la chanson, on parle d’argent remis à des producteurs, réalisateurs, metteurs en scène et organisateurs sans que le projet n’aboutisse. On parle aussi de matériel acheté très cher de l’étranger et qui n’aurait jamais servi. C’est le cas du théâtre mobile de Batna qui aurait été acquis à plusieurs milliards et qui n’aurait jamais servi.

Rumeurs ou vérité ?

Dans le domaine du 4e art, on rapporte qu’un metteur en scène aurait empoché trois milliards de centimes pour monter une pièce de théâtre alors que cette dernière n’a jamais été présentée devant le public. Même si on ne croit pas à cette rumeur, on doit se demander pourquoi offrir une telle somme pour un spectacle qui risque de ne durer que quelque temps et ne sera pas rentable financièrement au lieu d’investir dans des formations de comédiens, metteurs en scène, techniciens et directeurs de théâtres. Le ministre de la culture sait-il que nos directeurs de théâtre dont des metteurs en scène n’ont jamais été formés pour la gestion de telles institutions ? Dans le domaine sportif, on a mis du temps pour comprendre qu’un champion de karaté ou un grand footballeur ne peut pas devenir un bon entraîneur s’il n’a pas reçu une formation mais dans le secteur artistique, on continue à croire qu’un grand comédien ou un metteur en scène peut être à la tête d’un théâtre régional ou national. Il faut savoir que ces institutions ont besoin de gestionnaires spécialisés et non d’artistes.

Gestion

Pour la gestion des finances culturelles et artistiques, on se demande pourquoi on ne demande pas des comptes à ces directeurs dont les salles qu’ils gèrent ne produisent et ne présentent que quelques spectacles par an.
C’est vrai que depuis l’arrivée de Mihoubi, il y a moins d’argent jeté dans des festivals bidon, mais on doit se demander que font les artistes et les gestionnaires avec l’argent qu’on leur alloue et s’ils utilisent le matériel acheté avec l’argent du peuple. Côté cinéma, on rapporte que plusieurs producteurs auraient reçu des sommes faramineuses atteignant les 100 milliards de centimes sans jamais terminer le projet.
Rentabilité
Investir dans un grand film qui pourrait rapporter de l’argent de l’étranger (puisqu’il n y a pas de salles en Algérie) est bien, mais il faudrait que la réalisation de ce film soit d’abord concrétisée.
Dans les années 1960-1970, on a bien investi dans des films de cinéma tels que «L’opium et le bâton», «Patrouille à l’Est» et même de télévision comme «Les enfants de Novembre» de Moussa Haddad, mais on ne l’a jamais regretté car on a vu où est parti l’argent. Rachedi, Laskri et Haddad ont utilisé l’argent en nous offrant des films qui restent, ce qui n’est pas le cas pour d’autres réalisateurs. En ce qui concerne la chanson, il y a eu une période où on invitait des artistes étrangers de dernière classe, rien que pour «manger» alors que nos chanteurs chômaient. Certains d’entre eux ont même été oubliés par les algériens car, longtemps marginalisés. Beaucoup d’argent a également jeté dans des centres culturels qu’on gère comme des écoles privées de cuisine ou de broderie alors que de jeunes artistes ne trouvent pas où prendre des cours de solfège, de dessin ou de théâtre. Il est temps que l’argent de la culture serve la culture.

Bari Stambouli

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