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Célébration grandiose à Béjaïa

Béjaïa, à l’instar de nombreuses villes du pays, s’apprête à vivre des moments historiques demain vendredi à l’occasion de la célébration de yennayer, premier jour de l’an du calendrier julien qui correspond au 12 janvier. Historique, parce que c’est la première fois que cette fête ancestrale héritée de l’époque romaine va être célébrée officiellement depuis sa consécration comme fête nationale légale, chômée et payée. Les associations de nombreuses localités sont à pied d’œuvre depuis une semaine pour être à la hauteur de cet évènement hautement symbolique. Repas collectifs, galas artistiques, conférences, exposition de plats culinaires traditionnels, d’habits et d’objets artisanaux sont les principales activités programmées un peu partout à travers toutes les contrées de la Soummam. C’est dans l’antique Saldae, cependant, que les habitants vibreront au rythme de cette fête, grâce au riche programme mis en place par de nombreuses associations, la maison de la culture et le théâtre régional. Dans cette dernière enceinte, le mythique groupe Djurdjura de la chanson kabyle se produira vendredi soir, alors que Rabah, l’ex-compositeur du groupe Inasliyen, a choisi la maison de la culture Taous Amrouche pour mettre au goût du jour tous les tubes de ce fameux groupe, dont l’indémodable
«Tilufa» qui a fait vibrer plusieurs générations. Dans ce même espace culturel, des caravanes venues de nombreuses régions du pays et des pays voisins comme la Tunisie, le Maroc et la Libye, exposent depuis une semaine déjà toutes sortes de produits artisanaux, donnant une dimension nord-africaine à cet évènement. Sur un autre plan, des militants comme le dramaturge Mohand Ait-Ighil, le pionnier des enseignants de tamazight Djamel Ikhloufi et l’ex-détenu des manifestations du 19 mai 1981, Mokrane Aggoune animeront conjointement une conférence sur les origines de Yennayer. «C’est un acquis arraché par le sang. C’est aussi une reconnaissance éternelle aux artisans, acteurs, aujourd’hui disparus. A nous de faire de cette fête un espace d’autonomie populaire et un moment convivial de liberté où seront honorés nos repères historiques», commentera Djamal Ikhloufi, en réaction à l’annonce de la consécration de Yennayer comme fête nationale. De son côté, Djamel Zenati, principal animateur du MCB-Commissions Nationales et ancien détenu d’avril 1980 et mai 1981, animera une conference vendredi à Tilioulcadi, sur les hauteurs de Sidi-Aich. Cette fête sera également l’occasion pour rendre hommage aux militants disparus comme Nait Haddad Mohand Ourabah. L’association Tusna de son village natal, Amarat, dans la commune de Barbacha, se recueillera sur la tombe de cet ancien militant du MCB et détenu de mai 1981. Condamné en octobre 1981 à quatre années de prison ferme par le tribunal criminel avec des dizaines de camarades, comme Djamel Zenati, Chebbi Tayeb, Gérard Lamari, Boutrid Nacer… sa réponse au juge qui lui demanda s’il regrettait son engagement , fut des plus cinglantes. «Je ne regrette rien. Et si c’était à refaire, je le referai avec beaucoup plus de détermination», répliqua Mohand Ourabah à ses juges. «Que de chemin parcouru depuis», témoignera un ancien compagnon de cellule.

A. Arab

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