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Centre Pierre et Marie Curie (chu muspaha pacha): La double peine des cancéreux

Les cancéreux sont des personnes qui souffrent le plus en matière de prise en charge des services de santé.

Pour preuve, dans les différentes structures du Centre Pierre et Marie Curie (CPMC), relevant du CHU de Mustapha Pacha à Alger, les services de soins sont dans un état déplorable. Une situation accentuée par la grève des médecins résidents. Les malades en détresse prennent leur mal en patience et déplorent la situation dans laquelle ils se font soigner. Au niveau du CPMC, les différents services souffrent d’un manque d’hygiène et de médecins. D’interminables files d’attente, des salles pleines à craquer, les patients attendent que quelqu’un daigne les orienter. Alors que le monde célèbre ce 4 février la Journée Internationale de lutte contre le cancer, on constate que chez nous et en dépit des efforts entrepris par les pouvoirs publics, la situation ne cesse de se dégrader au niveau de cet établissement. La raison : le CPMC n’arrive plus à contenir le flux de malades arrivant de toutes les régions du pays. La grève des médecins résidents qui entame son troisième mois apporte son lot de soucis. Il suffit juste de faire un tour au niveau de ce Centre pour constater de visu cette situation déplorable. La grève a perturbé les différents établissements de santé, notamment le manque de médecins soignants. On assure seulement le service minimum. Est-ce vraiment suffisant, pour répondre aux besoins des malades? Rencontrée hier au niveau du service d’oncologie, Imene, une jeune fille de 25 ans, atteinte d’une tumeur au niveau de la gencive, nous confie que le manque d’expérience des médecins internes est «le problème principal que rencontrent les patients». Attendant leur tour dans une grande salle d’attente, des patients en ont marre de cette situation. «Les choses vont de mal en pis. La situation a vraiment empiré depuis que les médecins résidents sont en grève. Le service est assuré par trois médecins internes et un maître-assistant», dira la jeune fille, avant d’ajouter que «le peu de médecins présents n’ont pas d’expérience. C’est l’une des causes du report des rendez-vous». Pour d’autres patients arrivés de l’intérieur du pays, c’est le calvaire. Leurs rendez-vous pour des séances de chimiothérapie sont systématiquement annulés. C’est le cas notamment de Ammi Mohamed, âgé de 55 ans, qui se fait traiter pour un cancer du colon. «Le service de chimiothérapie est déplorable. On se voit parfois obligés de crier notre ire pour qu’on puisse être entendus par les médecins, qui sont eux aussi débordés par le nombre de malades». Selon Youcef, la quarantaine, même avec un rendez-vous, il faut se présenter tôt le matin pour espérer passer chez le médecin. «Les infirmiers ne savent même pas faire une perfusion», a-t-il déploré. Une dame de 75 ans estime que cette situation doit prendre fin, car la seule personne qui en subit les conséquences, c’est le malade. «Le gouvernement doit investir plus dans l’amélioration du secteur sanitaire», dira-t-elle. De son côté, Amina, une infirmière rencontrée sur place, affirme que l’établissement doit assurer un service minimum pour répondre aux besoins des cas d’urgence. «On fait passer les cas les plus graves en urgence. Chaque service est assuré par un professeur et des internes», précise l’infirmière. Rassurant les malades, elle affirme que les choses vont bientôt reprendre leur cours normal.

Journée mondiale de lutte contre le cancer

Par ailleurs, plusieurs activités ont été organisées au niveau de plusieurs services du CPMC à l’occasion de la journée Internationale de lutte contre le cancer. Des jeunes, des bénévoles surtout, se sont déplacés au niveau des services pour rendre le sourire et l’espoir aux malades. «Des visites et des animations en faveur des enfants atteints de cancer sont organisées tout au long de cette journée», dira le président de l’association «Des joies des cœurs», Mohamed Oussaed Riad. Par ailleurs, les derniers chiffres de 2015 indiquent que l’Algérie a recensé 43 000 nouveaux cas. Plus précisément, 26 000 nouveaux cas chez les femmes et 17 000 chez les hommes. Ces chiffres ont été consacrés au cancer le plus fréquent chez l’homme, à savoir le cancer colorectal. Les premiers résultats du Réseau national du registre du cancer en Algérie sont désormais connus. Le cancer colorectal devance aujourd’hui celui du poumon. Il est le premier chez l’homme, le second chez la femme.

Radia Choubane

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