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Ceux qui appellent à la Guerre

Après les bravades en Corée du Nord et au Venezuela, les mouches ont-elles changé d’âne? Ces derniers mois, tout se passe comme si Washington cherchait désespérément un ennemi à abattre, et finalement revenait à sa vieille obsession. Après le retrait unilatéral de l’accord sur le nucléaire iranien et le durcissement des sanctions économiques, les intimidations américaines se sont multipliées en vue d’un changement de régime à Téhéran. «L’Iran a commis une énorme erreur», a twitté Donald Trump. John Bolton, Mike Pompeo et Gina Haspel poussent à l’affrontement depuis des années, sans résultat. De l’autre côté du détroit d’Ormuz, l’entourage du guide suprême exige désormais des ripostes systématiques.
Les modérés sont marginalisés. Un conflit avec «le grand Satan» américain pourrait même ressouder le pays autour des mollahs écrit le journal Le Figaro. Après la perte d’un drone, les faucons de Washington, soutenus sans doute par le Vice-président Mike Pence et le couple Javanka, étaient prêts à déclencher «une bonne petite guerre». Mais Donald Trump n’est pas une marionnette qu’on peut manipuler à sa guise.
Un rapide calcul a suffi à écarter la guerre. Le prix du pétrole commençait à s’envoler, ce qui n’est jamais bon quand on prépare une réélection. En cas d’échec, des soldats seraient morts pour venger un drone espion, ce qui aurait été difficile à justifier auprès de l’opinion américaine. Le risque d’une escalade régionale était trop grand, le compte n’y était pas pour Donald Trump. À Washington, la politique moyen-orientale se résume trop souvent à la défense d’Israël et de l’Arabie saoudite. Et à l’échelle du monde, la diplomatie américaine consiste à refouler la Russie et la Chine à l’intérieur du continent eurasiatique. L’Iran a le malheur d’être à la fois un ennemi d’Israël et de l’Arabie saoudite, mais aussi un allié de la Russie qui fait de l’œil à la Chine.

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