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Ceux qui se mouillent…

L’Office national de la météorologie prévoit un ciel chagrin, ces jours-ci. Des pluies, et même de la neige, sont au programme. Normal, et, hormis les hypothétiques et éventuelles inondations, pourquoi ne pas se réjouir des larmes du ciel ? Elles sont plutôt bienfaitrices à bien des égards…Aussi, ne nous laissons pas enfermer dans la mauvaise humeur, et profitons de cette météo pour briser toute chape de plomb, en marchant sous la pluie ! La suggestion, la proposition ou l’incitation paraîtra incongrue, pilepoil, pendant que l’opération vaccination contre la grippe bat son plein. Les personnes âgées de plus de 65 ans, les patients atteints de certaines maladies chroniques, les femmes enceintes, les futurs pèlerins pour le Hadj ou la Omra nous en excuserons, certainement. Tout comme les 2,5 millions de doses de vaccin antigrippal qu’ils ont à disposition. Mais, ce petit grain de folie permet de se démarquer du conformisme pantouflard, craintif et ennuyeux. Juste des vêtements adaptés pour marcher sous la pluie, et on aura les rues et les boulevards rien que pour nous. Les rares passants seront des automobilistes irrespectueux, qui vous aspergeront d’une gerbe d’eau en route vers des égouts en pleine activité. Qu’importe. Marcher d’un pas ferme sous la pluie, c’est entendre une douce mélodie. Celle qui se joue, sans musique, en acceptant la pluie qui coule et ruisselle, le vent qui l’accompagne, en murmures ou en rafales. Cette mélodie ne s’offre qu’à ceux qui osent se mouiller, malgré une nature parfois hostile. Les capuches, les bonnets et autres parapluies ne sont là que pour atténuer cette hostilité aux têtes nues, aux dépourvus de bagnoles…En plus, nez au vent, quel plaisir d’être en liaison directe, en fusion même, avec les éléments d’une nature qui remplit rivières, barrages et nappes phréatiques, sans pour autant attendre et entendre le moindre merci. Et bien nous, on la remerciera, en marchant sous sa pluie, pour manifester, sans syndicat ni slogan, ce remerciement à ciel ouvert. On sera peut être décoré de l’ordre du mérite, du marcheur mouillé ou de l’humain qui ne se terre pas. Partie prenante de cette eau qui tombe, on sait qu’après la marche sous la pluie, vêtements secs, douche réparatrice, boissons chaudes et nid douillet, répareront les potentiels dégâts. Certes, on aura été trempé comme une soupe, nos vêtements se seront faits plus lourds, moins souples, et l’on s’est senti engoncé dans une carapace de tissus. Mais, ce grain de folie, cette liberté d’aller contre vents et marée liquide tombée du ciel, remonte le moral par une douce sensation de flottement, de suspension sur des soucis à venir. Et puis, au diable l’avarice, on aura été, l’espace d’une marche à découvert, des refuges mobiles, des abris pour cette pluie solitaire. De plus, on n’est jamais perdu dans un milieu urbain. Suffit de presser le pas en cas de pluie, dite torrentielle, et y’aura sûrement une porte cochère, un taxi, un bus ou un métro pour abriter la détresse présumée du «naufragé». L’optimisme, c’est fait pour ça…
Aussi, marcher sous la pluie aujourd’hui, demain ou plus tard, c’est avant tout communier avec la nature. Cette nature qu’on ne découvre qu’à l’allure du pas de l’homme, qui prend le temps de mettre un pied devant l’autre, par tous les temps, y compris sous des trombes d’eau. Par contre, l’actualité qui nous donne à voir des hommes pressés d’arriver, sans trop se mouiller, n’est-elle pas en train de nous dévoiler une drôle d’agitation ? Vaste débat, sous la pluie…

M.N.

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