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Changement de billets de banque: Pas à l’ordre du jour

Pour ramener les capitaux qui circulent dans les circuits informels à une sphère légale, certains ont appelé à changer les billets de banque, comme cela a d’ailleurs été fait dans des pays tels que la Turquie.

Cette proposition ne semble pas être partagée par la Banque d’Algérie qui, elle, promet de faire dans le «rafraîchissement» des billets. Intervenant hier sur les ondes de la Radio nationale, le vice-gouverneur de la Banque d’Algérie, Djamel Benbelkacem, a écarté toute éventuelle opération de changement de billets pour obliger les détenteurs de ces capitaux à les déposer au niveau des banques. Cette option «n’est pas à l’ordre du jour», a-t-il dit avant de préciser que les changements des billets annoncés par son institution ne sont que des «rafraîchissements» prévus depuis une année dans le but de parer à la contrefaçon. «La mise en circulation de nouvelles coupures, précise-t-il, vont cohabiter pendant 5 à 10 ans avec les anciens billets». Sur la question du flux d’argent qui circule dans l’informel, le vice-gouverneur de la Banque centrale a estimé cette masse monétaire à près de 14 milliards de DA.
Pour bancariser ces capitaux, il incite les banques à adopter des «stratégies agressives» auprès de leurs clients afin d’augmenter leurs ressources. Interrogé au sujet de la monnaie nationale qui ne cesse de régresser face aux devises, le vice-gouverneur de la Banque d’Algérie trouve que la perte de la valeur du dinar est un «ajustement nécessaire».Dans ce sens, Benbelkacem affirme que le dinar n’est pas la seule monnaie à connaître un recul par rapport à l’euro qui ne cesse de s’apprécier. A en croire le représentant de la Banque d’Algérie, l’autorité financière n’a opéré que des «ajustements nécessaires». En termes simples, explique-t-il, «si les monnaies de nos pays partenaires se sont dépréciées par rapport à l’euro et que nous n’avons pas déprécié le dinar, on aurait donné une prime à l’importation en provenance de ces pays-là». La valeur d’une monnaie doit refléter toujours les performances économiques d’un pays, alors que l’économie nationale, regrette-t-il, «n’est pas performante et n’est pas assez compétitive».
Rappelant que le taux de change a été dans un premier temps, en 2015, «le premier amortisseur» permettant d’atténuer l’impact de la crise, le représentant de la Banque d’Algérie, affirme en revanche que «le taux de change ne peut pas diminuer à lui seul les importations». «Résoudre le problème des importations, argumente-t-il, c’est résoudre les problèmes structurels et les grands déséquilibres de notre économie. Il y a d’autres variables qu’il faut mettre en œuvre pour rétablir ces équilibres».
A ce propos, l’invité de la Chaîne 3 estime que pour parvenir à rétablir les équilibres, il ne faut pas se contenter de réduire les dépenses, mais envisager l’augmentation de l’offre et des recettes. «Il faut, préconise-t-il, améliorer le recouvrement fiscal, rationaliser les subventions et les exonérations…». Interrogé sur l’impact de la mise en œuvre de la politique du «financement non conventionnel», Benbelkacem rassure que cet outil n’aura pas d’impact direct sur la valeur de la monnaie nationale. «Le financement non conventionnel a été mis en place dans une situation exceptionnelle dans le but d’accompagner les réformes structurelles de notre économie qui permettront, sur les cinq prochaines années à rétablir les équilibres de la balance des payements et du budget de l’Etat», affirme-t-il en précisant que si ces objectifs sont atteints, la valeur du dinar ne sera pas impactée.

Hafid M.

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