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Cheptel décimé: Quand la culture de l’assurance fait défaut

Ces épidémies ont récemment frappé le cheptel, occasionnant de très grandes pertes pour les éleveurs au niveau national.

En quelques jours seulement, 1200 têtes sont décimées à travers 12 wilayas, en raison de la peste des petits ruminants et de la fièvre aphteuse. Faute d’assurance, les paysans comptent demander une indemnisation à l’Etat.
Ces épidémies ont récemment frappé le cheptel, occasionnant de très grandes pertes pour les éleveurs au niveau national. Les autorités compétentes de certaines de ces wilayas ont même procédé à la fermeture des marchés à bestiaux, après instruction des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture. La culture de l’assurance est malheureusement absente chez l’éleveur algérien, alors qu’elle reste l’outil le plus efficace dans la gestion des risques. Il s’agit de la meilleure manière de réduire l’assistanat de l’Etat et de ne plus puiser dans le Trésor public, sauf en cas de catastrophe. Cette démarche devrait être au cœur de l’activité agricole et de son développement et ne devrait pas être négligée par les éleveurs. Ces derniers renvoient la balle aux assureurs et rappellent les conditions requises pour la conformité du cheptel aux conditions en vigueur. Le principal frein à la souscription est la transhumance. Selon les éleveurs, les compagnies d’assurance et les mutualités refusent la transhumance. «Les éleveurs ne peuvent pas répondre à ces conditions», a expliqué le président de la Fédération des éleveurs, Djilali Azaoui. D’après lui, les assurances doivent modifier leur approche et appliquer au cheptel les mêmes dispositifs que celles régissant les autres produits, à l’instar de l’assurance automobile. «Ils doivent, a-t-il recommandé, mettre des experts dans toutes les wilayas». L’assurance agricole ne séduit toujours pas. Les agriculteurs n’ont pas le réflexe d’assurer leurs activités. Si l’absence de culture en la matière est pointée du doigt, c’est tout le système d’assurances qui est appelé à faire sa mue pour mieux s’adapter aux changements. Du côté des assureurs, on évoque plusieurs contraintes et de nombreuses complications pour l’assurance du cheptel. En plus du problème de transhumance, Cherif Benhabylès, Directeur général de la mutualité agricole CNMA, avance le problème d’identification du cheptel, mais surtout la conformité aux préalables de l’assurance. «Toute assurance doit respecter un certain nombre de préalables. On ne peut assurer que le cheptel qui est déjà vacciné et qui est élevé dans le respect des conditions d’hygiène», a-t-il expliqué.
En attendant la fin de l’opération d’identification du cheptel lancée par le ministère de l’agriculture, une campagne de sensibilisation auprès des éleveurs est plus que jamais nécessaire pour éviter de pareilles situations dont aucune des parties ne sort gagnante. Les pouvoirs publics ne doivent plus attendre de pareilles catastrophes pour se rappeler l’utilité de la prévention.
La CNMA appelle à une plus grande intervention de l’Etat en amont. L’UNPA considère que le système mutualiste est le plus adapté au monde rural. Pour inverser la tendance, il va falloir que les assurances fassent un effort en matière de communication et d’amélioration des services proposés. Le marché de l’assurance agricole doit se moderniser, avec la proposition de nouveaux produits, notamment ceux concernant la sécheresse.

Samir Malek

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