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CHLEF: Jour de plage pour 1 000 enfants défavorisés

Pour beaucoup de familles démunies, les vacances sont un luxe qu’elles ne peuvent s’offrir.

De nombreux enfants (1 sur 3) ne partent pas et restent chez eux tout l’été. Une situation qui se traduit souvent par un sentiment d’exclusion, de mal-être. Grâce à la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya de Chlef, 1 000 enfants défavorisés, qui n’ont pas les moyens de partir en vacances cet été, vont passer une journée sur les plages de Chlef.
L’initiative a été prise par la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya de Chlef qui assurera la restauration et l’encadrement par contre le transport sera pris en charge par les communes concernées par cette opération.
«C’est un programme qui renferme milles enfants issus des familles démunies âgés entre 8 et 14 ans de 25 communes de la wilaya qui sont loin de la mer à l’image de : Chlef, Oum Drou, Sendjas, Oued Fodda, Beni Rached, Ouled Abbès, El-Karimia, Harchoune, Beni Bouateb, Zeboudja, Benaïria, Bouzeghaïa, Ouled Farès, Chettia, Labiodh Medjadja, Boukadir, Oued Sly, Sobha, Ouled Benabdelkader, El-Hadjadj, Aïn Merane, El-Herenfa, Abou El-Hassen Talaassa et Tadjena», a déclaré le directeur de la jeunesse et des sports de la wilaya Saïd Haggas. «Certaines communes comme Beni Bouateb, Labiodh Medjadja et la commune d’El-Hadjadj qui sont vraiment loin de la mer, nous leur avons doublé le nombre d’enfants. Le programme a débuté le 17 juillet en cours, trois communes à la fois par jour et ça sera deux jours par semaine soit six communes par semaine.La journée débutera de la matinée jusqu’au soir avec une prise en charge totale de l’enfant c’est-à-dire, un repas équilibré, l’animation par des encadreurs et la baignade, juste le transport sera pris en charge par l’APC», a précisé Saïd Haggas. Selon un psychologue, pour un enfant, s’extraire temporairement de son quotidien constitue un réel besoin et permet de mieux se construire.
Les vacances au bord de la mer permettent de faire découvrir de nouveaux horizons à des milliers d’enfants qui vivent dans des conditions difficiles. Les vacances constituent un besoin essentiel pour le bien-être et l’équilibre des enfants. Et particulièrement pour ceux qui sont issus des milieux défavorisés. Partir leur permet d’oublier leur quotidien, de renforcer leurs liens sociaux, de grandir et de revenir plus fort. En famille, les vacances donnent aussi l’occasion de consolider les liens parents/enfants, souvent fragilisés par les situations de précarité. Mais le plus souvent, dans les foyers pauvres, on ne songe pas à partir en vacances. Celles-ci, au même titre que les loisirs, leur apparaissent comme «illégitimes». On ne s’accorde pas le droit de prendre du plaisir, de s’épanouir, de prendre soin de soi… Au-delà de leurs difficultés financières, «rompre avec le temps ordinaire, sortir de la routine rassurante de leur cadre habituel suscite chez eux une forme d’appréhension» .
Les parents ont tendance à reporter leur inquiétude sur leur progéniture qu’ils veulent protéger de l’extérieur. Ces enfants, solidaires de leurs parents, ne ressentent pas le besoin d’«aller voir ailleurs». «Le besoin ou l’envie de partir va émerger en situation de comparaison sociale», remarque le même psychologue. En entendant ses camarades de classe raconter leurs vacances, l’enfant prend conscience de sa différence, il peut ressentir un décalage, en éprouver de la frustration et un sentiment de dévalorisation. «Les vacances apportent une ouverture sur le monde et une autre temporalité qui sensibilisent à de nouvelles façons d’être et de faire. D’autres apprentissages, des rencontres au-delà de sa propre sphère sociale contribuent à socialiser l’enfant, à lui apprendre à être lucide et à s’adapter à toutes sortes de relations», analyse le psychologue. Ce besoin est encore plus prégnant chez les enfants de familles précaires, souvent resserrées sur leur milieu social, conclu le même psychologue.

A-Ali

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