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Chlef: Les parkingeurs dictent leur loi

À la ville de Chlef, comme dans la plupart des grandes agglomérations, il n’y a pratiquement pas un coin, une ruelle ou une placette où vous pouvez garer votre voiture gratuitement. Les parkings illégaux, un phénomène devenu de plus en plus exaspérant pour les automobilistes qui se voient obligés de dépenser une moyenne de 100 à 150 dinars quotidiennement. En effet, à chaque course qui les oblige à quitter la voiture, ne serait-ce que pour quelques minutes, ils doivent céder 30 dinars au bonhomme au gilet fluorescent qui surgit de nulle part pour dire qu’il était en train de garder la voiture. Les automobilistes vivent le calvaire à cause de ces pseudos-gardiens de voitures. Ce gardien n’est presque jamais là lorsqu’on stationne, et surgit de nulle part lorsqu’on veut partir, pour réclamer son argent. «L’anarchie totale». Ce sont là des termes qu’aucun des automobilistes à Chlef, notamment à Ténès en cette période estivale, ne se sentirait gêner de prononcer quand il s’agit de décrire la gestion du stationnement malgré les efforts déployés par les agents de l’ordre public chargés de la régulation de la circulation. Ces gardiens de voitures font, donc, la pluie et le beau temps dans les rues, tarification exorbitante, mauvais comportement voire même l’agression verbale et physique comme lundi passé où un automobiliste qui n’avait pas de monnaie pour donner 50 DA à un «gardien», ce dernier lui a proféré des insultes et a même tenté de lui casser la vitre de la portière droite avec un coup de poing. Chlef souffre d’un grand problème de stationnement, que cela soit au centre ville, à Ténès ou ailleurs, aux heures de pointe ou pendant le reste de la journée, le problème se pose. Le manque de lieux de stationnement et de parkings réglementaires laisse libre cours à ces pseudos-gardiens de voitures qui font leur loi dans la ville et dont les pouvoirs publics doivent mettre fin à leurs agissements et de réguler ce métier qui existe bel et bien. Il faut le souligner, ces fameux «parkingueurs» pullulent dans presque tous les endroits où les véhicules peuvent stationner, au vu et au su des autorités locales et des services de sécurité qui n’osent plus les déranger pour les sanctionner ou seulement leur faire savoir qu’il s’agit là d’une activité illégale et punie par la loi. Pire encore, ce sont ces gardiens de voitures qui se donnent raison en affichant des cartes professionnelles falsifiées, à chaque fois qu’un «mauvais payeur» ose réclamer, en affirmant qu’ils sont dûment autorisés par l’APC pour pratiquer cette activité. En cette période estivale, les parkings n’ont pas échappé à la fièvre de la flambée des prix. Prenons l’exemple des différentes plages de Ténès. Si vous prenez une place de parking à la plage principale, vous payez 100 dinars contre un ticket de parking, et si vous vous garez loin de la plage, vous payerez 50 dinars, sans obtenir le ticket de bonne foi.
Parfois les automobilistes daignent payer ce fameux «droit de stationnement» en se disant que ce gardien de parking va faire son travail et veiller à ce qu’aucun malandrin ne vienne. Mais vu l’anarchie, le racket et l’abus de pouvoir qui règnent dans ces lieux, ils se demandent bien si ce n’est pas un «vol déguisé» que ces gardiens de parking sont en train de commettre sous les regards insensibles des pouvoirs publics. Certains automobilistes interrogés à ce sujet pointent carrément un doigt accusateur en direction des autorités communales «Les élus favorisent l’anarchie en fermant les yeux à ces dépassements et ils assimilent cela à de l’emploi des jeunes». Le phénomène de l’exploitation anarchique et sauvage de ces espaces n’est pas le propre des grandes villes mais semble toucher tous les centres urbains. Il semble qu’on soit bien loin pour parler de tourisme, à cause de ces hors-la-loi, et en l’absence de la fermeté des pouvoirs publics. Les conséquences de la persistance du phénomène du gardiennage sauvage tendent à s’aggraver d’année en année. Des milliers de jeunes, pour la plupart des délinquants, repris de justice, etc… ont décidé de s’autoproclamer gardiens de parkings. Ainsi, le quotidien des automobilistes est devenu un véritable enfer, au manque d’aires de stationnement, de parkings et de garages, s’est ajoutée l’impossibilité de garer sa voiture sans avoir à s’acquitter de la dîme auprès de ces hors-la-loi. L’accaparement de ces espaces publics suscite souvent des troubles à l’ordre public, notamment à la suite de querelles autour de l’occupation de ces espaces en raison des revenus importants qu’ils génèrent. Ces revenus, faut-il le rappeler, ne sont assujettis à aucune charge fiscale. Vrai ou faux gardien, badge ou pas, quand on va acheter une baguette à 10 DA, il faut payer au moins 30 DA au gardien improvisé, pour une mioche de pain qui vaut 10 DA. La course se chiffre à plus de 40 DA. En attendant, ces hors la-loi font du racket au détriment des citoyens. Faut-il déclarer la guerre contre les gardiens de parkings ?

A. Ali

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