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Chorfa (Bouira).. Une laiterie attend son quota de poudre depuis 2015

Il n’y a pas que l’argent et les idées qu’il faut avoir pour se lancer dans l’investissement à Bouira. Il faudrait aussi avoir un appui dans l’administration et surtout une patience infaillible. Car entre le discours que l’on entend souvent et la réalité, il existe un fossé fait de promesses non tenues. Le cas de la Laiterie Akil de la commune de Chorfa, à l’est de Bouira, est le parfait exemple d’une politique d’investissement à deux vitesses.
Le propriétaire avait introduit en 2015 une demande au niveau de l’office national interprofessionnel du lait (Onil) pour être approvisionné en poudre de lait. Mai 2019, il attend encore l’arrivée de la matière première. L’idée du projet de laiterie a commencé à germer en 2012. Au départ, l’investissement dans cette filière avait plu à tout le monde. Pour les autorités locales, le porteur de ce projet devait être accompagné et soutenu, d’autant plus que la wilaya faisait face à une crise de lait parce que les deux laiteries qui existent ne pouvaient pas répondre à la demande. «Avant de commencer, j’ai été voir plusieurs responsables dans l’exécutif de wilaya. Tout le monde m’avait encouragé, d’autant plus que c’était la première laiterie de cette taille dans la wilaya. C’est ce qui m’avait motivé à continuer et investir mon argent», a déclaré l’investisseur, qui a affirmé qu’il investit sur ses fonds propres et qu’il a importé toute la chaîne de production d’Italie. L’investissement lui a coûté la bagatelle de douze (12) milliards de centimes. L’autorisation d’exploitation lui a été délivrée en 2016. Depuis cette date, la situation ne s’est pas améliorée. «J’attends l’arrivée de la poudre pour pouvoir commencer la production. La laiterie n’a pas encore fonctionné depuis son installation. Il faut que tout le monde sache que j’ai frappé à toutes les portes et à tous les niveaux de l’administration, mais rien n’a changé. L’ex-ministre de l’Agriculture, Abdelkader Bouazghi m’avait dit d’aller voir avec Ahmed Ouyahia quand il occupait le poste de Premier ministre», ajoute M. Akil. Pour se faire entendre, l’investisseur n’a d’autre choix que de faire appel aux médias. L’affaire est donc portée à la connaissance des pouvoirs publics. Comme première réaction à la campagne médiatique, une équipe a été dépêchée il y deux mois par l’Onil pour s’enquérir de l’usine. C’est la première fois que l’office interprofessionnel du lait se manifeste depuis l’introduction de la demande en 2015. «Les représentants de l’Onil m’ont dit que la situation devait être réglée incessamment. J’espère que ma demande sera validée pour pouvoir passer à autre chose», souligne M. Akil. Ainsi, la laiterie a une capacité de production de 5000 litres par heure et pourrait générer jusqu’à une quarantaine de postes d’emploi directs, à en croire le propriétaire. Le projet d’une laiterie à Bouira est d’une grande importance, puisque l’approvisionnement en lait en sachet se fait toujours à partir des wilayas limitrophes.
Les pénuries récurrentes de lait en sachet dans plusieurs communes et le calvaire quotidien des citoyens qui font un parcours du combattant pour acquérir ce produit de première nécessité ne suffisent pas manifestement pour convaincre les pouvoirs publics de l’utilité de cet investissement. À cela s’ajoutent également les retombées positives de cette activité, notamment le développement de la filière de l’élevage bovin dans la région.
Ali Cherarak

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