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Ciblage des subventions, importations, règle des «51/49%»… : FMI et gouvernement sur la même longueur d’onde

Après des entrevues avec plusieurs responsables d’institutions algériennes et la consultation de plusieurs dossiers et chiffres concernant l’économie algérienne, le Fonds monétaire international (FMI) a livré un verdict qui conforte le gouvernement dans ses prévisions, avec toutefois quelques recommandations pour une transition «la plus douce possible».

En matière d’assainissement des finances publiques et sur les réformes structurelles, l’institution de Bretton Woods reconnait que ces deux axes permettront de dégager le potentiel de croissance de l’économie algérienne.
Dans le détail, la mission du FMI qui a séjourné en Algérie fait ressortir le fait que le gouvernement œuvre à lever les contraintes liées à l’investissement et au développement du secteur privé, et engage dans ce sens des réformes pour rendre plus souples l’administration, le système bancaire et rendre plus facile l’accès au foncier.
L’amélioration du marché du travail en favorisant l’adéquation formation-emploi a été également soulevée par le Chef de mission Algérie du FMI, Jean-François Dauphin.
Sur la question du passage prévue d’une politique de subvention généralisée, chose qui est «profondément injuste» à une subvention ciblée, il a indiqué que le FMI «recommande» et «soutient» les efforts consentis par les pouvoirs publics algériens, dans ce domaine, afin de pouvoir, progressivement, rééquilibrer la manière de soutenir les populations, et de retirer crescendo les subventions généralisées, notamment pour l’énergie, afin de les remplacer par d’autres formes de transferts destinés directement aux ménages nécessiteux. «Plus vous êtes riches plus vous bénéficiez des subventions. Les 20% des ménages les plus riches en Algérie consomment six fois plus que les 20% des ménages les plus pauvres», a-t-il relevé. La règle régissant les investissements étrangers dites «51/49%», mise en place depuis 2009 n’a pas échappé aux commentaires du FMI. Selon le Fonds, il ne s’agit pas de l’«abolir, mais de l’assouplir». Une réflexion est d’ailleurs engagée dans ce sens et les responsables politiques disent ne pas voir d’inconvénient à la revoir, sans pour autant toucher aux secteurs stratégiques, tels que celui des hydrocarbures.
S’agissant des mesures visant la suspension des importations, Dauphin a affirmé que si l’objectif recherché était de rééquilibrer les comptes extérieurs, «il existe d’un côté l’ajustement budgétaire, qui permet de limiter la demande intérieure et donc les importations, et d’un autre côté, les réformes structurelles, qui vont libérer le potentiel de la croissance d’économie et le potentiel des exportations également». Le taux de change a également un rôle à jouer, précise le responsable du FMI, qui explique qu’une dépréciation progressive et mesurée du dinar algérien, au fur et à mesure qu’avancent la réforme structurelle et la consolidation budgétaire, aiderait à s’assurer que les produits importés font une concurrence loyale à la production domestique sur le marché intérieur et que les produits exportés abordent la concurrence extérieure dans des conditions justes. «L’expérience internationale montre que les mesures administratives de restriction de l’importation sont souvent inefficaces et sources de distorsion dans l’économie et de tensions inflationnistes et enfin sont, très souvent, contournées d’une manière ou d’une autre», a mis enfin en garde l’expert en chef du FMI.

Hafid M.

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