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Clôture du jumelage en appui au CNPRS entre l’Algérie et l’Espagne: Un outil face au «terrorisme routier»

Le jumelage en «appui au Centre de la prévention et de la sécurité routières (CNPSR) pour un renforcement significatif de la sécurité routière», entre l’Algérie et l’Espagne, s’est clôturé, hier, lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel El Aurassi, en présence de Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire.

Lancé en novembre 2015, dans le cadre du Programme d’appui à la mise en œuvre de l’Accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne (P3A), cet instrument «a joué un rôle important dans la prévention des accidents de la route et par conséquent dans la protection de vies humaines en Algérie» selon les conclusions exposées lors du séminaire de clôture rehaussé par la présence de l’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Santiago Cabanas-Ansorena et du chef de John O’Rourke, chef de la Mission UE. Etant «un outil d’accompagnement» pour les pouvoirs publics, comme a tenu à le préciser Ahmed Naït El Hocine, directeur du CNPSR, le jumelage a permis d’affiner et de conforter les principaux chantiers de sécurité routière, initiés par le département de Noureddine Bedoui. Il s’agit, entre autres, des aspects relatifs à la refonte de l’architecture institutionnelle de la sécurité routière, les modalités de financement de la politique nationale dans ce domaine, le perfectionnement des outils de collecte des données de l’accidentalité routière ainsi que l’amélioration du système de surveillance et de contrôle des usagers de la route. «Un projet complet qu’on va accompagner avec un travail dans ce domaine avec l’UE et l’Espagne», a déclaré Bedoui dans une allocution d’ouverture, reconnaissant que «les pertes causées par les accidents de la route constituent une véritable charge pour le budget de l’Etat». Dans un communiqué final, le CNPSR souligne que l’intérêt accordé par les différents partenaires pour l’amélioration des conditions de sécurité routière, «se traduit actuellement par des résultats encourageants, en témoigne la baisse continue des indicateurs de la sinistralité routière enregistrée au cours des années 2015, 2016 et les dix (10) premiers mois de l’année 2017». C’est ce qu’on peut trouver d’ailleurs dans un bilan allant de janvier à octobre de l’année en cours, où l’on a enregistré 21 671 accidents ayant causé la mort de 3120 personnes et 31 540 blessés, soit moins de 13,81 % en termes d’accidents, moins de 10,03% de morts et enfin mois de 18,41% de blessés, comparativement à la même période de 2016.

L’Espagne comme model

Se félicitant des «résultats concrets» de ce jumelage avec la Direction générale du trafic (DGT) du ministère de l’Intérieur espagnol, Naït El Houcine explique que «les échanges ont permis la révision de l’architecture organisationnelle de la sécurité routière dans notre pays, selon le model de la DGT». Ceci, sachant que l’Espagne est l’un des pays du monde qui enregistre le moins d’accidents de la circulation. Le directeur du CNPSR en veut pour preuve le projet de création d’une Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR), retenue dans la cadre de la révision de la loi 01-14 relative à l’organisation, la sécurité et la police de la circulation routière. Un projet qui s’inspire aussi du model espagnol. Ce n’est pas, il y a également la mise en place d’un système national de collecte de données de l’accidentalité routière, et qui fédérera les données statistiques des différents services de sécurité. En outre, et à l’image de l’Espagne, il y aura la création d’un Comité intersectoriel auprès du Premier ministre ayant pour mission de définir les orientations du gouvernement en la matière. Avec une moyenne de 4000 morts et 60 000 blessés chaque année, l’Algérie continue malheureusement de se placer parmi les pays les plus endeuillés de la planète par les accidents de la circulation. Un phénomène qui ne cesse d’inquiéter les autorités qui n’hésitent pas à parler de «terrorisme routier». Tous les participants à ce jumelage ont donc salué l’importance des échanges entre l’Algérie et l’Espagne. Depuis son lancement en 2015, 75 experts espagnols ont été mobilisés pour 640 hommes/jour en Algérie, tandis que cinq visites d’étude ont eu lieu en Espagne et en Belgique. Le jumelage a été financé par l’Union européenne à hauteur 1.500.000 Euros.

Aïssa Moussi

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