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Conséquence de la politique d’Erdogan après le coup d’Etat raté de 2016: Les jeunes diplômés quittent la Turquie

Un phénomène nouveau inquiète les économistes turcs : la fuite des cerveaux.

Le président turque, Erdogan, est dénoncé pour la politique hostile menée contre le gouvernement légal de Damas. Il est également dénoncé pour la politique lancée en Turquie contre l’opposition. Le président turc est, d’autre part, accusé de l’emprisonnement de dizaines de milliers de personnes après le coup d‘Etat avorté.
La Turquie est face à une vague de départs sans précédent de sa propre population, conséquence de la crise économique et surtout de l’atmosphère politique. La presse turque s’inquiète des conséquences de cette émigration galopante. Un phénomène nouveau inquiète les économistes turcs : la fuite des cerveaux. Depuis quelques années, le nombre de départs du pays ne cesse de croître, avec 113 326 départs en 2017, davantage que l’année précédente, souligne le quotidien d’opposition Cumhuriyet. Cette vague de départs concerne en grande partie les jeunes Turcs et surtout les plus instruits d’entre eux. L’AKP, Parti de la justice et du développement, islamo-conservateur, veut pousser la génération de Gezi, nom donné aux manifestations anti-Erdogan de 2013 à quitter le pays, dit un député de l’opposition cité par les médias. Les personnes arrêtées depuis le coup d’Etat raté du juillet 2016 sont des dizaines de milliers. Depuis l’effondrement de la livre cet été, la Turquie se dirige inéluctablement vers une période de récession. Alors que le gouvernement s’efforce de sauver les apparences à coups de mesures cosmétiques, certains secteurs sont déjà frappés de plein fouet par la crise. Chantiers à l’abandon, journaux à l’agonie : le panorama en trois tableaux d’une économie en panne, écrivent des médias. La Turquie est confrontée à une politique hostile menée par le président Erdogan qui ne tolère pas l’opposition. Le coup d’Etat raté de juillet 2016 a été un prétexte pour le président turc pour écarter toute opposition. Les arrestations continuent. Près de 20 mandats d’arrêt ont été émis vendredi 16 novembre, selon l’agence étatique Anadolu, contre de soi-disant sympathisants de putschistes, et nombre de personnes ont été arrêtées en novembre 2018 pour avoir soutenu les manifestations antigouvernementales du parc de Gezi en 2013. C’est une association connue, et soutenue notamment en Europe : Culture Anatolie travaille au rapprochement entre les différents peuples de Turquie, turcs, kurdes, arméniens et grecs par exemple. Une association très impliquée dans le domaine culturel et dont le président Osman Kavala est derrière les barreaux. En novembre, au moins treize personnes ont été placées en garde à vue, toutes proches de cette association : des professeurs, des journalistes, des artistes qui auraient été arrêtés pour avoir soi-disant contribué aux événements de Gezi, à Istanbul en 2013. Le Parlement européen et le Conseil de l’Europe ont dénoncé ces arrestations, qui pourraient bien avoir été conduites pour étoffer, en quelque sorte, l’acte d’accusation d’Osman Kavala. Dénoncé par la presse turque proche de Recep Tayyip Erdogan comme un mécène qui soutient des activités antigouvernementales, il est en détention provisoire depuis novembre 2017.

Mounir Abi

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