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Constructeurs et sous-traitants de l’automobile: La communication fait défaut

Les journées techniques sur la sous-traitance véhicule tenues lundi et mardi à Alger ont démontré qu’il existe un potentiel industriel en Algérie. Seulement, les pofessionnels évoluant dans ce domaine sont confrontés au manque d’information et de lieux de rencontre pour se connaitre mieux et travailler ensemble.

Plusieurs professionnels cités hier par l’APS ont déploré le manque de communication entre les constructeurs et les entreprises investies dans la fabirication de pièces automobiles. C’est le cas, entre autres, du patron d’une PME privée spécialisée dans la production de panneaux en composite utilisés notamment dans l’industrie automobile, aéronautique et navale.
Dans ce sens, il relève que des sociétés de montage continuent d’importer le même type de produits qu’il fabrique depuis plusieurs années à des prix compétitifs et en quantité suffisante.
S’agissant des conditions nécessaires au développement de la sous-traitance en Algérie, ces sous-traitants les résume en l’instauration
d’un canal d’information et de contact avec les sociétés de montage, l’accès aux crédits bancaires et au foncier industriel, et la formation d’une main d’œuvre qualifiées et spécialisée. Pour la présidente de l’Union professionnelle de l’industrie automobile et mécanique, Latifa Turki Liot , le manque d’informations constitue souvent une entrave au développement du tissu industriel dont la filière de la sous-traitance automobile. Evoquant certains enjeux, elle explique que le plus important est de comprendre le positionnement de l’Algérie à l’échelle régionale alors qu’il
ne faut pas perdre de vue l’émergence, aujourd’hui, de deux plateformes opérationnelles de délocalisation pour les opérateurs étrangers, qui sont le Maroc et la Tunisie.
En conséquence, il est nécessaire à la fois de mobiliser les équipementiers de premier rang et de travailler sur le moyen et long termes pour mettre en place un “système de contrat de filière automobile”, préconise Turki Liot.
Ce type de contrat, à l’instar de ce qui se fait à travers le monde, devrait regrouper le gouvernement, les donneurs d’ordre et les sous-traitants pour décider ensemble des actions à entreprendre et les moyens pour y parvenir, et ce, sans omettre de mettre en place des indicateurs industriels.

Les exigences des taux d’intégration

Pour sa part, le P-dg de la société Sovac Production, qui active dans l’industrie de montage de véhicules Volkswagen, Mourad Oulmi, a estimé que chaque rencontre, regroupant l’ensemble des intervenants dans le domaine de la fabrication de l’automobile, à commencer par les donneurs d’ordre (constructeurs) et les sous-traitants (receveurs d’ordre), peut apporter un plus pour le développement de la construction automobile dans le pays. S’agissant du développement du taux d’intégration, il soutient que le rôle des constructeurs est primordial puisque ce sont eux qui choisissent les composants qui conviennent le plus à leurs véhicules, et c’est également eux qui rendent possible l’exportation des produits fabriqués localement.
“Il faut donc mettre le constructeur dans le centre de la stratégie de développement de l’industrie automobile”, fait-il valoir.
Concernant les taux d’intégration exigés actuellement (15% après trois ans d’activité et 40% au bout de cinq ans), il soutient que “ce sont les règles du jeu” et que son groupe est en train d’impliquer davantage le constructeur allemand pour y parvenir. De son côté, le P-dg du groupe Tahkout, qui fait dans le montage de véhicules de la marque Hyundai, soutient que ces Journées techniques
devraient se multiplier pour permettre aux professionnels du secteur de se connaitre et de développer mutuellement leurs affaires. Selon lui, son groupe travaille actuellement avec près d’une quarantaine de sous-traitants locaux, et ce, outre le fait que son groupe produit lui-même certaines pièces de rechange avec des partenaires étrangers.
Toutefois, il a relevé la question de l’homologation du fait que c’est le constructeur qui homologue les pièces entrant dans la fabrication de ses véhicules. Ces journées techniques ont été oragnisées par le ministère de l’Industrie et des mines afin de rapprocher tous les intervenants et d’enclencher une stratégie pour développer ce secteur industriel dont l’Algérie dispose un savoir faire et une longue histoire.

A. Mohamed

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