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Contrebande, drogue, contrefaçon, piraterie, prise d’otages, mendicité…: Comment le terrorisme se finance

«La lutte contre le financement du terrorisme en Afrique», tel est le thème d’une réunion de haut niveau dont les travaux ont été lancés hier au Centre international des conférences à Alger.
Co-présidée par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et le directeur adjoint du Centre africain d’études et des recherches stratégiques sur le terrorisme (Caert), Idris Lallali, cette réunion a vu la présence de représentants des Etats africains, de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union européenne (UE) et d’autres organisations internationales et régionales activant dans la lutte contre le terrorisme et son financement ainsi que des experts internationaux ont participé à cette réunion.
Dans son allocution d’ouverture, le chef de la diplomatie algérienne a déclaré que «l’Afrique a besoin de mettre en place une stratégie cohérente de lutte contre le financement du terrorisme dans ses différentes dimensions, y compris par l’intégration du rôle déterminant du développement économique et social, la modernisation des économies, l’encouragement de la transparence et la promotion de la bonne gouvernance». Il a fait état d’un besoin partagé d’une meilleure connaissance de l’évolution et de la mutation de ces sources en Afrique, en particulier au regard d’un contexte régional marqué par l’extension des espaces touchés par cette menace et par l’aggravation des risques que celle-ci fait peser sur la paix, la stabilité et la sécurité de nombreux pays en Afrique et dans le monde. Il a aussi exprimé le besoin «de cerner davantage l’évolution permanente des méthodes, mécanismes, procédés et canaux utilisés autant par les groupes terroristes que les groupes criminels pour déplacer et faire circuler leur argent». L’intervenant a appelé à promouvoir «une meilleure coopération multiforme entre nos pays respectifs, mais aussi au niveau régional et international, notamment aux plans juridique, judiciaire, policier, financier, dans un esprit de complémentarité, d’échange d’expériences et de solidarité face à une menace qui ni connaît ni frontières ni limites de quelque nature que ce soit». Dans son intervention, M. Messahel a indiqué que le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) a relevé au moins onze typologies de sources de financement du terrorisme incluant le commerce et autres activités lucratives, certaines ONG et les prélèvements caritatifs, la contrebande d’armes, le trafic de drogues, la contrefaçon de divers produits dont les médicaments et les psychotropes, la piraterie, la prise d’otages contre rançon, le trafic de biens cultuels, la migration illégale, le transfert de fonds et la mendicité. Il a relevé, également, qu’un récent rapport publié en février 2018 par des organismes régionaux et internationaux qualifiés – OCDE, Giaba, Bad et Nepad – indique que «les activités du crime organisé représentent 3,6% du PIB des quinze pays de l’Afrique de l’Ouest. Pour leur part, a-t-il ajouté, le Réseau mondial contre la contrefaçon et l’Union des fabricants (France) montre dans un rapport publié au mois de décembre dernier, comment le terrorisme utilise la contrefaçon pour se financer. A cette occasion, M. Messahel a réitéré l’engagement permanent de l’Algérie dans la lutte globale contre le terrorisme, et en particulier sa solidarité avec l’ensemble de notre continent au moment où un nombre croissant de pays africains subi déjà ou se retrouve visé par les menaces terroristes.
«L’Algérie qui a combattu le terrorisme dans les années 90, et qui continue toujours à faire face à ses résidus, est convaincue que la sécurité est indivisible et que l’élimination de la menace terroriste en Afrique et dans le monde nécessite la conjugaison des efforts, le partage des expériences et le renforcement de la coopération régionale et internationale», a-t-il soutenu.

Karim Aimeur

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