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Cours particuliers à CHLEF: De l’exception à la règle

Avant, les cours particuliers étaient uniquement réservés aux enfants de riches qui ne pouvaient pas obtenir de bonnes notes. Durant ces derniers temps, le phénomène a pris une ampleur extraordinaire.

Depuis, il est entré dans les mœurs et les parents d’élèves, peu importe leur appartenance sociale, y ont recours comme s’il s’agissait de la seule et unique planche de salut pour leurs enfants en proie à la médiocrité scolaire. Le phénomène est devenu une tradition. L’année scolaire étant à peine entamée, des affiches émanant d’enseignants, tous paliers confondus, incitent les parents à payer des cours particuliers à leurs enfants. Le comble est que si au lancement de cette pratique, ces cours ne concernaient que les classes d’examen, aujourd’hui, il nous a été donné de constater qu’ils sont destinés à tous les niveaux. De la première année primaire jusqu’à la terminale. Les week-ends, les ruelles et les venelles grouillent d’élèves. «Certes, à quelques jours des examens de fin d’année, c’est indiqué d’orienter ces élèves chez des professeurs chevronnés pour combler leurs lacunes et préparer certaines matières non assimilées comme il se doit. Peu importe les lieux et les conditions dans lesquelles sont donnés ces cours, les parents ne cherchent qu’à orienter leurs enfants chez ces professeurs en dépit des sommes faramineuses qu’ils dépenseraient pour une année scolaire, comme si l’école publique n’offre plus d’enseignement aux élèves», nous expliquera un enseignant retraité. C’est devenu une mode chez certains parents. Si quelqu’un n’assure pas de cours particuliers à ses enfants, c’est comme s’il ne s’en occupait pas bien. Selon les spécialistes, le premier problème qui se pose pour les cours particuliers est qu’ils doivent être un besoin, non pas une nécessité. Ils doivent être dispensés pour les élèves qui sont dans le besoin. Abdelhamid, un fonctionnaire dira que, «le phénomène des cours particuliers a pris une ampleur extraordinaire ces dernières années. Il faut savoir qu’aujourd’hui les élèves sont soumis à un véritable chantage de leurs enseignants qui les obligent insidieusement à prendre des cours particuliers. Les parents doivent agir au même titre que le ministère pour mettre fin à cette mascarade». «Certains enseignants obligent, en quelque sorte, les élèves à suivre des heures supplémentaires pour leur octroyer de bonnes notes même si leur niveau est bon. C’est le cas de mes enfants qui étaient sans cesse harcelés par leurs maîtresses car ils ne suivaient pas de cours supplémentaires», déclare Djamila mère de trois enfants. Son aîné, Amine, explique que, sous la pression de son professeur de physique, il a été contraint de faire partie des élèves qui suivent des cours de soutien. «Il faisait exprès de ne pas bien expliquer le cours en classe et nous insinuait que ceux qui veulent réussir et améliorer leur niveau n’avaient qu’à suivre des heures supplémentaires chez lui pour seulement 4.000 DA par mois», s’exclame-t-elle. Mounir un inspecteur au niveau de la direction des impôts, estime que le niveau est devenu très bas, en raison du départ des anciens enseignants à la retraire et les nouvelles recrues n’ont pas encore l’expérience voulue. Les élèves n’arrivent pas assimiler les cours en raison de la surcharge des classes. Ce sont des raisons parmi d’autres qui poussent les parents à recourir aux cours particuliers. Signalons que, le ministère de l’Education nationale, dans un sursaut d’orgueil, a tenté, tant bien que mal, de contrer l’influence des cours particuliers en organisant des cours de rattrapage au profit des élèves en difficulté dans les cycles primaire, moyen et secondaire. Mais cela n’a pas pu freiner la propagation des cours particuliers.

A-Ali

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