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Crimes de guerre au Yémen: La Belgique suspend l’exportation d’armes vers l’Arabie saoudite

Les crimes de guerre perpétrés au Yémen ont fait réagir les organisations non gouvernementales qui réclament l’arrêt de l’exportation d’armes pour l’Arabie saoudite. La Belgique est le premier pays à appliquer l’initiative.

Il y a quelques mois, un ministre belge a appelé à l’arrêt de l’exportation d’armes pour l’Arabie saoudite. Il n’est pas le seul. Hier, le Conseil d’Etat de Belgique a décidé de suspendre huit licences d’exportation d’armes wallonnes vers l’Arabie saoudite, d’après un journal belge. Selon l’agence de presse Belga, la juridiction a jugé que le gouvernement de la région de Wallonie, compétent pour délivrer les licences de vente d’armes, ne s’était pas suffisamment penché sur la question du respect des droits fondamentaux, dans le cas de l’Arabie saoudite. Dans son arrêt, cité par le journal belge L’Echo, le Conseil d’Etat déplore ainsi que l’avis de la commission chargée d’examiner les dossiers soit resté, dans le cas de Riyad, silencieux sur des sujets comme «le comportement du pays acheteur à l’égard de la communauté internationale et notamment son attitude envers le terrorisme». Le Conseil déplore en outre que les «antécédents du pays acheteur dans les domaines notamment du respect de ses engagements internationaux en ce qui concerne le non-recours à la force et du droit international humanitaire» n’aient pas davantage été passés au crible. En 2017, plusieurs organisations des droits humains, dont la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le CNAPD, avaient émis des recours contre l’exportation d’armes produites par la FN Herstal, notamment vers l’Arabie saoudite. Cette même année, c’est en effet Riyad qui se classait en tête des clients des entreprises d’armement de Wallonie, pour une somme de plus de 150 millions d’euros, selon les données de Belga. Aussi, ce grain de sable dans l’engrenage pourrait compromettre, selon l’ avocat de la LDH et du CNAPD,Vincent Letellier, les échanges commerciaux d’armements avec Riyad à l’avenir : «La région va maintenant être obligée d’examiner la situation et cela va devenir très difficile d’exporter». Comme en Belgique, plusieurs ONG françaises dénoncent régulièrement les ventes d’armes de Paris à Riyad, qui est l’un de ses meilleurs clients en la matière. Et pour cause, depuis mars 2015, l’Arabie saoudite dirige une coalition de pays arabes au Yémen, dont les bombardements aveugles sont responsables de nombreux morts civils. Bénéficiant notamment du soutien des Etats-Unis et de Londres, cette coalition tente de remettre en place le gouvernement du Yémen, qui avait été chassé de la capitale Sanaa par les rebelles houthis. L’initiative du Conseil d’Etat de la Belgique conforte les organisations non gouvernementales qui accusent l’Arabie saoudite de soutien au terrorisme, de ne pas opter pour la paix, et de perpétrer des crimes de guerre au Yémen. L’Arabie saoudite mène dirige, depuis mars 2018, une coalition arabe ciblant les civils au Yémen. Les organisations non gouvernementales accusent l’Arabie saoudite de crimes de guerre perpétrés contre les civils. L’ONU dit que des milliers de civils du Yémen ont été tués par la coalition arabe. Washington continue l’exportation d’armes pour l’Arabie saoudite, malgré les dénonciations des organisations non gouvernementales. L’Arabie saoudite bénéficie de la caution de Washington pour les crimes de guerre perpétrés au Yémen. La France est accusée de complicité dans les crimes de guerre perpétrés au Yémen avec l’Arabie saoudite pour l’exportation d’armes pour l’Arabie saoudite.

Mounir Abi

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