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Crise des «gilets jaunes» et élections européennes

La crise des «gilets jaunes» a pesé sur les élections européennes en France, qui a vu un taux de participation en forte hausse, alors que tout le monde prédisait la défection des Français à ce scrutin qui s’est avéré, en fin de compte, un vote sanction contre la politique du président Emmanuel Macron, en faveur de Marine Le Pen. Le président Macron perd son pari, face à Marine Le Pen et son parti, le Rassemblement national (RN). Selon les premières estimations, le Front National a récolté 24,20 % des suffrages exprimés, contre 22,40 % pour la République en Marche d’Emmanuel Macron. A la surprise de tout le monde, les Verts sont à la troisième position. Ce rendez-vous électoral, qui consacre une reconstruction et une recomposition de la classe politique française, est considéré comme un «match de retour» entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, deux ans après l’élection présidentielle. Par ailleurs, la crise sociale exprimée par le mouvement des «gilets jaunes» a, semble-t-il, mis tout son poids sur ces élections. Lors de leur mobilisation de samedi dernier, les «gilets jaunes» ont promis que le «ciel sera jaune» ce dimanche, en appelant à travers les réseaux sociaux, à voter contre la liste du président Macron.
La participation expliquée
Il convient de noter que dans plusieurs pays, les européennes étaient organisées en même temps que des scrutins locaux ou régionaux, ou bien des référendums nationaux, ce qui a mécaniquement réduit l’abstention. C’était notamment le cas en Espagne, en Grèce, en Irlande et en Roumanie. En Belgique, c’était même les législatives (et les régionales) qui se déroulaient ce 26 mai, de même que les présidentielles en Lituanie. En outre, pour des raisons diverses, les enjeux nationaux étaient particulièrement brûlants en Autriche (après la révélation d’une vidéo mettant en cause le vice-chancelier FPÖ), en Italie (du fait de la concurrence exacerbée entre les deux partis au pouvoir), en Grèce (où le Premier ministre vient d’annoncer un scrutin anticipé), et au Danemark (où les élections générales sont prévues pour début juin). Sans même parler du Royaume-Uni, où le triomphe du parti de Nigel Farage (34%) découle de la volonté des électeurs souhaitant quitter l’UE, de transformer le scrutin en second référendum en faveur du Brexit. Ce qui a confirmé, pour qui en doutait, que celui-ci aura bien lieu, probablement sans accord de divorce. Si l’on ajoute à cela la campagne médiatique, littéralement sans aucun précédent ayant martelé, des semaines durant, que ces européennes 2019 seraient «les plus graves pour l’avenir», et la diversité des propagandistes en faveur de cette idée (associations patronales, entreprises, syndicats, ONG, et même archevêques…), on est conduit à relativiser le «sursaut» de participation : dans ce contexte, qu’un électeur sur deux en moyenne, ait choisi de bouder les urnes de l’UE, ne saurait raisonnablement être interprété comme une victoire de celle-ci.

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