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Crise écologique, politique…

Arrivé au bout de ses contradictions, il a donc jeté l’éponge, le Hulot… «La Terre va agoniser, et nous serons les premiers visés». C’est ce que disait Nicolas Hulot en 1998. Vingt 20 ans après, en étant ministre de la Transition écologique, il prend tout son monde à contre-pied, en claquant la porte, hier matin. Sans avoir prévenu, au préalable, ni l’Elysée, ni Matignon, il consacre ainsi une crise politique majeure en France. Il y voit les conséquences des ambiguïtés des politiques de Macron, qui cherche à tout concilier, sans jamais trancher. «Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux-là». Des enjeux qui sont planétaires, d’où l’intérêt que suscite en nous cet électrochoc, véritable désaveu écologique et politique. Au-delà du fait qu’il aura fallu 16 longs mois, pour qu’il comprenne à quel point, il n’était qu’une caution écologique pour la politique des petits pas, smenée par l’Elysée. Et alors que la planète brûle, que les inondations se multiplient, que les conséquences des glissements de terrains sont dramatiques, les dirigeants français regardent ailleurs. Tout comme le font les Etats Unis, la Chine ou l’Inde, etc… Ils se contentent de se lamenter, de promettre de réagir, en repoussant toujours à plus loin les décisions adéquates. Aussi, Hulot a finalement compris qu’il pesait moins qu’une plume dans ce gouvernement. Un gouvernement qui avait déjà du plomb dans l’aile depuis l’affaire Benalla, et qui fait face, en guise de rentrée politique, à une fronde sociale. On y dénonce les mensonges, la mainmise des intérêts privés, donc des lobbyistes, mais aussi le mépris des Princes à l’égard de ceux qu’ils sont censés représenter. Décidément, c’est un sale temps pour Macron qui est au Danemark, avant la Finlande. Il y a un an, pour sa première rentrée depuis son élection à l’Elysée, Emmanuel Macron entendait les premières notes d’une petite musique, celle du «président des riches». Cette année, changer de costume lui sera difficile, avec le quasi-gel des prestations sociales, entre aides au logement, pensions de retraite et allocations familiales, qui devraient fédérer toutes les oppositions, prêtes à défendre la frustration des bas salaires. Et ce ne sont pas les annonces de son Premier ministre, Edouard Philippe, qui vont inverser la tendance pessimiste. De plus, avec le couac provoqué par le départ de Hulot, la popularité de celui que certains brocardent en «Jupiter», est sur le point de toucher terre. Et cette résurgence des difficultés, tant économiques que sociales, est inédite depuis le début son quinquennat. Elle s’apparente finalement, à une épreuve de vérité, après son vœu de visiter l’Algérie avant la fin d’année. Sa quête de soutiens, et d’économies pour boucler le budget 2019, afin de respecter ses engagements européens, passerait-elle par Alger ? On se le demande, au moment où, après un été ombrageux, avec l’affaire Benalla, les débats sur la réforme constitutionnelle ont toutes les chances de devenir le prochain champ de bataille, entre la majorité et les oppositions. Des oppositions qui sont vent debout, contre la mise en place de mesures, destinées à dévaloriser l’accompagnement, pour aider les publics en difficulté à se réinsérer, à diminuer des minima sociaux, et augmenter les contrôles pour décourager l’«assistanat»…etc. De toute cette tambouille politicienne, on retiendra que le «virage social ?» promis par le candidat Macron, est dur à négocier, une fois Président. C’est du même tonneau, de la même finalité que son machiavélique hommage rendu à Nicolas Hulot : «homme libre», d’après lui. Au final, les gouvernements français se suivent et se ressemblent. La déception s’y invite avec une constance implacable ! Et comme le dit si bien un proverbe africain : «le borgne n’a qu’un œil, mais il pleure quand même».

M. N.

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