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Crise politique.. Said Sadi préconise une période de transition avec une direction collégiale

L’ancien président du RCD, Dr Said Sadi, multiplie ces derniers temps, ses interventions à l’occasion de la crise politique qui secoue le pays, en proposant notamment, comme le font d’autres, des solutions de sortie de crise. Le Dr Sadi a, hier dans une contribution publiée sur sa page Facebook, intitulée «l’Heure des choix», est revenu sur le mouvement populaire entamé depuis le 22 février, que d’aucuns tablent sur son essoufflement sans y parvenir, même avec des manœuvres. Said Sadi pense que seule une période de transition dirigée par une présidence collégiale, peut aboutir à une sortie de crise. «Beaucoup de citoyens s’interrogent légitimement sur ce qu’il conviendrait de faire, pour donner sens et consistance à un mouvement qui a surpris le monde, autant par son ampleur que par son expression pacifique», écrit Said Sadi. Cependant, estime t-il, «avant de penser à dicter des orientations ou introniser des chefs, il convient peut-être de dire aussi ce qu’il faut éviter de faire, ou plus exactement, de refaire». En octobre 1988, rappelle Sadi, «le pouvoir, surpris par une révolte impliquant essentiellement la jeunesse, avait été tétanisé dans un premier temps.
Pendant la dizaine de jours qui a suivi les premières émeutes, les responsables gouvernementaux s’étaient quasiment tous terrés. Ils étaient persuadés que le soulèvement avait une direction cachée, qui ne tarderait pas à leur demander des comptes». Le Dr Sadi, qui s’étale sur ces «tentatives improvisées et maladroites du chevauchement de la colère populaire par des groupes de gauche ou des islamistes», dévoilèrent selon lui, «un évènement sans cap, et redonnèrent aussitôt confiance au pouvoir qui allait organiser, à sa manière, sa transition», dont la suite «est connue». l’ancien pérsident du RCD fait le parallèle avec la situation actuelle, notant que «Depuis quelques semaines, des anciens responsables (…) s’essaient à des manœuvres similaires». Les raisons de ces tentatives de rattrapages de la dynamique citoyenne «sont simples à comprendre», selon lui, car «leurs auteurs sont des acteurs et des bénéficiaires du système, qui est aujourd’hui radicalement remis en cause par le peuple, faute d’avoir été en mesure d’honorer mille et une annonces de réformes restées sans suite».
Le Dr Sadi ne croit pas à la possibilité de réformes du système, pas plus qu’aux voix qui recyclent des «stéréotypes de la pensée unique» en faveur de cette approche. «Ces mêmes intervenants, sincères ou intéressés, sont unanimes pour dire qu’il faut aller rapidement vers une élection présidentielle avec les dispositions constitutionnelles actuelles. Ce qui serait un vrai désastre politique pour le pays», prévient-il. «Si nul ne peut dire comment va se traduire concrètement le mouvement du 22 février, il faut être un dangereux aventurier pour croire que la société algérienne va encore se laisser canaliser dans les fosses politiques, gérées par des hyper présidents, où on a fait macérer la génération d’après-guerre», juge l’ex-président du RCD, pour qui «la révolution en cours est autant politique que culturelle et sociétale».
Car selon lui, «si on ajoute les bombes à retardement socio-économiques qui nous attendent dans un an à dix-huit mois, il est urgent de penser à préparer les nouveaux cadres politico-administratifs qui aient la légitimité, l’adaptabilité et la performance nécessaires à une gouvernance qui puisse entraîner le consentement du citoyen, devant des restrictions matérielles qu’aucun pouvoir militaro-policier ne pourra faire accepter». Pour lui, le mouvement marque irrécusablement un tournant majeur dans l’histoire du pays, jugeant qu’«une page se tourne dans l’Algérie d’après-guerre. Le renvoi et les changements de personnes ne suffiront pas. Une fois ce constat élémentaire mais capital admis, les échanges pourront commencer». «Une présidence collégiale, dont le nombre et la composition reste à définir, est une garantie de sa résistance contre les pressions ou les tentations. Un gouvernement de transition formé de techniciens chargés des affaires courantes, une commission dont la mission est de convoquer les acteurs politiques et sociaux devant prévoir et gérer les mécanismes d’une transition démocratique, l’organisation des élections législatives avant la présidentielle, font consensus dans les rangs du mouvement…. C’est déjà beaucoup», résume Sadi, pour qui «la situation est donc bien plus claire que ne le laissent sous-entendre les apparatchiks recyclés en arbitres autoproclamés, ou suggérés par le pouvoir réel».
A. I.

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